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Syrie/Armes chimiques: Paris, Londres, Washington veulent que l'ONU enquête (diplomates)

20/03/2013 06:35 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT

La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis vont demander au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon d'envoyer une mission d'enquête en Syrie pour vérifier les accusations évoquant l'utilisation d'armes chimiques, ont indiqué mercredi des diplomates.

Il s'agira de "faire une enquête sur l'ensemble du territoire (syrien) pour faire la lumière sur toutes les allégations" venant de Damas et de l'opposition, a déclaré à la presse l'ambassadeur français Gérard Araud.

Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir employé des armes chimiques dans les régions d'Alep (nord) et de Damas. Selon l'opposition, le régime a eu recours à ces armes à Khan al-Assal, près d'Alep, et à Atayba, à l'est de Damas tandis que le régime accuse l'opposition de l'avoir fait mardi à Khan al-Assal.

La Russie, alliée de Damas, s'est nettement démarquée de ses partenaires du Conseil en insistant pour que seules les accusations portées contre l'opposition syrienne par le régime fassent l'objet d'une enquête, comme le demande le gouvernement syrien.

Celui-ci a déposé mercredi une requête officielle en ce sens auprès de Ban Ki-moon. "J'espère que le secrétaire général va répondre rapidement à cette demande", a déclaré à la presse l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, qui préside en mars le Conseil de sécurité. Il a accusé à mots couverts les Occidentaux d'avoir voulu torpiller la demande syrienne.

Depuis le début de la crise syrienne en mars 2011, Moscou s'est toujours efforcé de protéger son allié syrien, allant jusqu'à mettre son veto à trois projets de résolution occidentales au Conseil.

"Nous avons reçu des rapports inquiétants sur l'emploi d'armes chimiques en Syrie" de la part des deux camps, a rappelé M. Araud. "Les éléments dont nous disposons ne nous permettent pas de vérifier ces informations".

Il faudra pour cela envoyer sur le terrain une équipe d'experts, "ce qui veut dire un accès au terrain de la part du gouvernement et de l'opposition", a-t-il noté. Sur la base du rapport des enquêteurs, "le Conseil (de sécurité) en tirera les conséquences". L'emploi d'armes chimiques "serait une violation très grave du droit international", a-t-il ajouté.

Le représentant permanent adjoint du Royaume-Uni Philip Parham a affirmé que cette initiative des Occidentaux était soutenue par "une vaste majorité" des 15 pays membres du Conseil, laissant entendre que la demande d'enquête pourrait être co-signée par plusieurs autres pays.

Selon des diplomates du Conseil, cette initiative est soutenue notamment par les Etats-Unis.

Si l'emploi d'armes chimiques était avéré, "ce serait horrible, très grave et cela justifierait une réponse forte de la communauté internationale", souligné M. Parham. "Mais il faut auparavant clarifier les faits", a-t-il ajouté.

Il a cependant fait valoir qu'il y avait déjà eu "de nombreux cas où le gouvernement syrien avait utilisé des armes lourdes contre son propre peuple de facon disproportionnée et injustifiable".

Le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky a confirmé mercredi que l'ONU "avait reçu une demande écrite des autorités syriennes" pour une enquête et que celle-ci était à l'étude.

avz/mdm

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