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Porcs jetés à l'eau : les résidents de Shanghai inquiets

20/03/2013 11:06 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT

Quelque 14 000 carcasses de porcs flottent depuis deux semaines dans des rivières qui alimentent la ville de Shanghai en eau potable, mais les résidents de la ville n'ont droit qu'à un seul et même message de la part des autorités : ne vous inquiétez pas.

On ne sait toujours pas d'où proviennent les porcs, comment ils sont morts ou comment ils se sont soudainement retrouvés dans le système d'eau potable de cette ville de 23 millions d'habitants.

Les responsables ont dit aux résidents que leur eau est sécuritaire, mais ils ont aussi censuré les messages mis en ligne qui appelaient à des manifestations pacifiques.

Cette réaction officielle rappelle à plusieurs le silence gouvernemental qui a entouré des crises précédentes, de l'épidémie de SRAS à la grippe aviaire en passant par le scandale du lait contaminé.

« Ils font simplement de l'obstruction, a accusé Huang Beibei, un microblogueur de Shanghai dont les photos dégoûtantes de porcs ont attiré l'attention des médias et du gouvernement sur le problème. Qui croit ce qu'ils nous racontent? »

Les autorités avaient retiré au moins 13 996 carcasses des eaux en date de mercredi. Des bulletins quotidiens sont aussi publiés, affirmant que l'eau potable de Shanghai continue à respecter les normes nationales. Aucun responsable d'une agence gouvernementale responsable de l'environnement, de la santé ou de l'agriculture n'a encore commenté l'affaire publiquement.

Seulement huit petits éleveurs de porcs dont les bêtes ont été retrouvées dans la rivière ont été punis. Ces éleveurs de la ville de Jiaxing, dans la province de Zhejiang, ont écopé d'amendes d'un peu moins de 500 $US.

Des villageois ont indiqué à des médias locaux que les éleveurs ont décidé de jeter les carcasses d'animaux morts de maladies à la rivière quand une intervention de la police les a empêchés de les écouler sur le marché noir, comme ils le faisaient auparavant.

D'autres ont dit que les éleveurs avaient donné de faibles quantités d'arsenic à leurs animaux pour rendre leur peau plus soyeuse, augmentant du fait même le taux de mortalité. Le gouvernement n'a pas commenté ces deux hypothèses.

« Le gouvernement ne croit pas avoir de comptes à rendre au public, a dit Zhao Chu, un chercheur indépendant installé à Shanghai. Parce qu'il n'y a pas de loi parlementaire ou administrative, les responsables gouvernementaux ne se préoccupent pas du public - seulement de leurs patrons, parce que leurs postes proviennent d'en haut. »

Certains se souviennent du silence gouvernemental en 2003, quand une épidémie de SRAS avait fait 774 victimes en Chine. Des milliers d'autres personnes avaient aussi été infectées et la maladie s'était répandue dans une vingtaine de pays.

Au cours des dernières années, le gouvernement a aussi gardé le silence quand la grippe aviaire a commencé à se propager et qu'il est devenu évident que de la préparation pour nourrissons avait été contaminée avec un produit chimique industriel et avait fait six petites victimes et des milliers de malades.

Une telle attitude mène plusieurs à se demander si le gouvernement est totalement transparent à propos de l'affaire des porcs.

« Le gouvernement est demeuré vague concernant la cause des décès et les risques. Les explications frisent le ridicule, a écrit en ligne le chroniqueur Liu Shengjun. Ça me fait penser au SRAS, et j'espère que l'histoire ne se répétera pas. »

Associated Press

La Presse Canadienne

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