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La Jordanie peine à accueillir les réfugiés du conflit syrien, soutient le roi

20/03/2013 06:43 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT

AMMAN, Jordanie - La Jordanie croule sous la pression exercée par l'afflux constant de réfugiés syriens. Ils sont désormais environ 500 000 à s'empiler dans les camps de réfugiés après avoir fui la guerre civile, un conflit qui pourrait avoir pour conséquence l'émergence d'un pôle régional pour les extrémistes et terroristes, selon le roi Abdallah II.

Dans une entrevue accordée mercredi à l'Associated Press, le monarque âgé de 51 ans a également affirmé que le régime du président Bachar al-Assad ne survivrait pas à la révolte qui a déjà fait environ 70 000 victimes en Syrie.

«Je crois que nous avons dépassé cela — trop de destruction, trop de sang», a-t-il suggéré.

Le roi Abdallah II plaide que la Jordanie a adopté de son côté des réformes qui mèneront à une démocratie encore plus saine au pays, et dont les autres États arabes comme la Tunisie, l'Égypte, la Libye et le Yémen pourraient s'inspirer.

Selon le monarque, la Jordanie a dépensé 550 millions $ par année pour accueillir les réfugiés syriens, qui représentent environ neuf pour cent des six millions de Jordaniens. La plupart des déplacés ont traversé la frontière au cours des 12 derniers mois.

Cela a porté un dur coup aux ressources gouvernementales, notamment dans le secteur de la santé et de l'éducation, et a fait plonger le déficit à un niveau record de trois milliards $ l'an dernier.

Le roi a prévenu que la radicalisation qui a cours en Syrie, combinée au cul-de-sac dans lequel se trouvent les négociations de paix dans le conflit israélo-palestinien, pourrait enflammer la région entière.

«La fragmentation de la Syrie est un autre scénario extrêmement dangereux, cela alimenterait des conflits interconfessionnels dans la région toute entière pour des générations», a-t-il prévenu.

Il s'est malgré tout dit opposé à toute intervention militaire étrangère en Syrie.

Et la bonne nouvelle, pour la région, est la visite du président Barack Obama. À son avis, ce voyage pourrait mener à la reprise des pourparlers entre Israéliens et Palestiniens.

«Je vois une fenêtre d'opportunité pour reprendre les négociations sur la base d'une solution à deux États, qui est la seule formule», a-t-il plaidé.

«Premièrement, nous avons affaire à un président américain qui est dans un deuxième mandat. Deuxièmement, il y a eu ce vote historique de reconnaissance de la Palestine à l'ONU qui témoigne d'une nouvelle volonté internationale», a ajouté le monarque.

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