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Grève de la faim à Guantanamo: l'armée dément toute profanation du Coran (général américain)

20/03/2013 04:17 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT

Il n'y a eu aucune profanation ou manque de respect dans la manipulation d'exemplaires du Coran, qui est à l'origine d'une grève de la faim de certains détenus de Guantanamo selon leurs avocats, a déclaré mercredi un haut-représentant du Pentagone.

"C'est n'importe quoi. Il n'y a eu absolument aucune mauvaise manipulation de Corans", a affirmé à la presse le général John Kelly, patron des forces américaines pour l'Amérique latine (Southcom) et qui, à ce titre, a la prison militaire située sur l'île de Cuba sous son autorité.

Un mouvement de grève de la faim a débuté le 6 février dans la prison de Guantanamo chez une partie des 166 détenus après que plusieurs d'entre eux ont rapporté que leur Coran avait été examiné par des gardiens, ce qu'ils ont perçu comme "une profanation religieuse", selon leurs avocats.

"Aucun Coran n'a été été profané ou manipulé à mauvais escient sous quelle que forme que ce soit. Donc leurs affirmations sont des sottises", a ajouté le général Kelly.

Il n'y a selon lui aucune interdiction religieuse à ce qu'un non-musulman touche le livre saint de l'islam. Mais en l'occurence à Guantanamo, les seuls amenés à les manipuler habituellement sont des traducteurs, qui sont eux-mêmes musulmans, a-t-il plaidé.

Vingt-quatre détenus sont actuellement en grève de la faim selon la définition qui en est donnée par les militaires (neuf repas non pris de suite), a-t-il convenu, dont huit sont nourris de force, selon le général Kelly.

"Nous avons appris que certains détenus et leurs avocats avaient grand espoir que la prison ferme" (...) mais ils ont été particulièrement découragés" que le président Barack Obama ne l'évoque pas lors de son discours d'investiture ou sur l'état de l'Union au début de l'année, a expliqué le général américain.

Mais le mouvement a "pour toile de fond 11 années de détention illimitée sans procès" pour 86 détenus déclarés "libérables" et montre "le grand désespoir et le grand tourment" dans lesquels sont plongés les détenus, selon Omar Farah, du Centre pour les droits constitutionnels (CCR), qui défend nombre d'hommes enfermés à Guantanamo.

mra/rap

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