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Des leaders autochtones préviennent qu'ils feront obstacle aux oléoducs

20/03/2013 02:48 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Des leaders autochtones préviennent qu'ils se préparent à contester la construction de deux importants oléoducs en faisant valoir leur point de vue devant les tribunaux et en exerçant des actions directes dont les détails n'ont pas été dévoilés.

Ces représentants des Premières Nations du Canada et des États-Unis se sont rendus sur la colline du Parlement, mercredi, pour marquer leur opposition aux projets Northern Gateway et Keystone XL.

Le premier relierait les sables bitumineux de l'Alberta à la côte ouest, alors que le second permettrait de joindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.

Le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, a déclaré que le gouvernement fédéral consultait les Premières Nations, et était prêt à entendre leurs doléances.

«Nous faisons tous les gestes nécessaires pour répondre aux inquiétudes entendues sur la côte ouest, a-t-il dit après une réunion du caucus. J'ai eu quelques conversations avec des leaders autochtones et des membres des Premières Nations, et je les ai trouvées très constructives. Ils veulent le mieux pour leurs communautés, et c'est ce que nous voulons également. Je demeure donc très optimiste.»

Certains chefs autochtones ont balayé du revers de la main la réunion organisée cette semaine par le gouvernement fédéral avec un envoyé spécial chargé d'évaluer les tensions entre les Premières Nations et l'industrie énergétique.

Un avocat de Vancouver, Doug Eyford, doit se concentrer sur les infrastructures énergétiques de l'ouest canadien, en plus de discuter de protection environnementale, d'emploi, de développement économique, ainsi que des droits des Premières Nations d'obtenir une part des revenus des ressources naturelles, mais des leaders autochtones ne lui accordent aucune crédibilité.

Ils soutiennent que M. Eyford, qui est aussi le négociateur en chef du gouvernement fédéral sur la question des revendications territoriales, n'a pas accompli grand-chose dans ce dossier.

Le chef de la Première Nation Chipewyan d'Athabasca, Allan Adam, affirme que les Autochtones sont déterminés à bloquer les projets d'oléoducs.

«Ce sera un été long et chaud, a-t-il prévenu en conférence de presse à Ottawa. Nous avons beaucoup de préoccupations en jeu.»

Phil Lane, des Sioux Yankton américains, a fait savoir que les groupes autochtones des États-Unis appuieront leurs cousins canadiens. «Nous allons bloquer ces oléoducs d'une façon ou d'une autre», a-t-il lancé.

Le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, a pour sa part espéré que personne n'en vienne à la violence.

«L'État de droit s'applique toujours. Nous sommes libres d'exprimer nos opinions, mais nous le faisons dans le respect de la loi. Je crois que c'est ce qu'ils feront. Je l'espère.»

Si le chef Reuben George de la Première Nation Tsleil-Wautuh affirme que les Autochtones «doivent (se) réveiller face aux folles décisions que ce gouvernement prend pour changer le monde de façon négative», le ministre Valcourt estime plutôt qu'Ottawa a «les capacités de mettre en valeur (ses) ressources naturelles tout en protégeant l'environnement».

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