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Chypre/taxe bancaire: le représentant du Brésil au FMI "surpris et atterré"

20/03/2013 05:22 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT

Le représentant du Brésil au FMI a été "surpris et atterré" par l'annonce d'une taxe sur les déposants chypriotes et juge qu'une telle mesure pourrait avoir un effet de "contagion" en Europe, a-t-il indiqué mercredi dans un entretien à l'AFP.

"J'ai été surpris et atterré par cette annonce. Cela m'a pris totalement par surprise. Au fur et à mesure que je recevais des informations, par les médias, je me suis dit que c'était une décision extrêmement problématique", assure Paulo Nogueira Batista, qui tient à préciser qu'il ne s'exprime pas au nom du FMI.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la zone euro et le Fonds ont annoncé un accord avec Chypre pour aider le pays à hauteur de 10 milliards d'euros à condition qu'une taxe sur les dépôts bancaires soit prélevée sur tous les épargnants. Cette solution a, depuis, été rejetée par le Parlement chypriote.

"Le problème de ce genre de mesures, c'est que cela punit ceux qui ont décidé de garder leur argent dans le pays (...) et que cela peut s'avérer extrêmement injuste", a ajouté M. Nogueira Batista, délégué du Brésil et de 10 autres pays au conseil d'administration du FMI, l'organe qui représente les 188 Etats-membres du Fonds.

M. Nogueira Batista assure notamment avoir été "frappé" par le fait qu'aucune distinction n'ait été faite entre les déposants chypriotes et étrangers et a également pointé les risques de "perturbations économiques" posées par une telle mesure.

"Cela peut générer un effet de contagion parce que c'est la première fois depuis le déclenchement de la crise de la zone euro qu'on fait appel aux déposants", a-t-il souligné.

A l'heure où le Fonds, l'Union européenne et Chypre se rejettent la paternité de cette mesure, le représentant brésilien a ironisé en affirmant ne pas savoir qui avait eu cette "brillante idée".

"Jusqu'à lundi, tout le monde était d'accord" pour ce plan, a-t-il rappelé.

Interrogé sur le fait qu'un membre du conseil d'administration n'ait pas été informé à l'avance des détails du plan d'aide chypriote, un porte-parole du FMI a répondu à l'AFP que cette question sous-entendait que les "pratiques habituelles n'avaient pas été suivies". "Ce n'est pas le cas", a-t-il affirmé.

Le conseil d'administration approuve formellement les plans d'aide mais n'est pas chargé de les négocier.

jt/sl/mdm

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