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La maternelle à quatre ans en septembre: la loi 101 sera appliquée

14/03/2013 01:46 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT
Getty Images
NEW YORK, NY - MARCH 05: A view of atmosphere as the Children’s Cancer & Blood Foundation (CCBF) hosts its fourth annual charity fundraising event at the American Girl Place flagship store on March 5, 2013 in New York City. (Photo by Cindy Ord/Getty Images for CCBF)

QUÉBEC - Pour mieux prévenir le décrochage scolaire, Québec propose d'instaurer dès septembre la maternelle à quatre ans pour 1200 enfants défavorisés.

En vertu du projet de loi 23 déposé en Chambre jeudi, la maternelle à temps plein pour les enfants de quatre ans sera offerte dans près de 70 classes réparties sur tout le territoire.

La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, a annoncé l'injection de 8,1 millions $ pour offrir ce nouveau service aux parents sur une base volontaire.

Mais les Centres de la petite enfance (CPE), furieux de voir une clientèle leur échapper, prédisent déjà l'échec de la mesure.

Les directions de 68 commissions scolaires ont été invitées à identifier une classe chacune qui pourrait accueillir jusqu'à 18 gamins. Le gouvernement Marois espère élargir progressivement l'offre à quelque 8000 enfants _ un investissement de 50 millions $ _ si l'expérience menée au cours de la prochaine année s'avère concluante.

La mesure est destinée aux enfants issus des milieux les plus pauvres et vise les écoles qui affichent ce que le jargon technocratique appelle «l'indice de défavorisation 9 et 10».

«La première chose qui nous guide, c'est la lutte contre le décrochage scolaire. Bien des gens nous disent, depuis fort longtemps, qu'il faut travailler en amont», a dit la ministre Malavoy, aux côtés de sa collègue de la Famille, Nicole Léger.

L'intervention «précoce» auprès des enfants défavorisés leur permettra de «partir du bon pied», a poursuivi Mme Malavoy.

À ses yeux, plus l'enfant est pris en charge tôt et acquiert des connaissances dès son jeune âge, moins il risque de décrocher au cours de son cheminement scolaire.

«On sait que si on intervient de façon précoce, on va leur permettre d'améliorer leurs habiletés cognitives, linguistiques, sociales. On va leur apprendre des choses qui vont faire qu'arrivés en maternelle et surtout en première année, ils seront mieux disposés pour réussir», a-t-elle affirmé.

Mais l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) est loin de partager cet avis.

Un enfant de quatre ans a besoin d'apprendre par le jeu dans un environnement ouvert et «n'a pas sa place à l'école», a fait valoir le directeur général de l'AQCPE, Louis Senécal.

«Imaginez une école où il y a des pré-ados qui mangent aux côtés d'enfants de quatre ans, qui vont se côtoyer pour le micro-ondes le midi, où il y a des problématiques d'intimidation», a-t-il illustré.

Parce qu'elle est mal avisée, l'entreprise est vouée à l'échec, selon M. Senécal.

«Les parents vont être déçus et réaliser que contrairement à un CPE, où leur enfant est accueilli par une éducatrice et où ils peuvent venir à toute heure du jour et discuter avec la direction, ils ne pourront même pas, dans une école avec un ratio d'un enseignant pour 18, avoir accès à l'enseignante», a-t-il soutenu.

La CSN fait preuve du même scepticisme en regard de l'engagement péquiste.

Dans un communiqué, la centrale syndicale «déplore l'empressement du ministère de l'Éducation à aller de l'avant (...) alors que le groupe de travail chargé d'étudier la question vient à peine d'être créé».

Pour l'instant, la CSN juge plus sage de développer l'offre de services dans les CPE et en milieu familial régi.

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