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Hélène Blackburn: de la danse pour enfants et adolescents (ENTREVUE/PHOTOS/VIDÉOS)

13/03/2013 09:54 EDT | Actualisé 13/03/2013 10:05 EDT
Rolline Laporte

Créer pour les jeunes et les initier à l'univers de la danse contemporaine, c'est en quelque sorte la mission de la chorégraphe montréalaise Hélène Blackburn. Une artiste au rayonnement international qui a fait un tabac outre-Atlantique avec Variation S et Gold, deux pièces présentées dans les prochains jours à Québec. Entretien avec une femme de passion.

C.G.: Variations S et Gold sont des pièces «jeune public», mais vous avez conçu bon nombre de spectacles pour adultes dans votre carrière. Quelle est la différence entre créer pour les enfants ou les ados et créer pour un public adulte?

H.B.: C'est une question qu'on me pose souvent. Mais en fait, il y a une ouverture à l'ensemble du public dans mes spectacles jeunesse. Je les compare souvent à un party de famille avec beaucoup d'enfants. Les adultes vont quand même faire des jokes à double sens!

Les adultes se plaisent aussi à regarder ces pièces destinées aux enfants. Dans le cas de Variation S, 70% du spectacle a été créé pour tout public. Et à Rimouski, Gold a eu un standing ovation même s'il n'y avait que trois enfants dans la salle. Mais bon, les gens aiment les petites cases...

C.G.: Le premier spectacle qui sera présenté à Québec dans les prochains jours est Gold, une chorégraphie créée avec votre collaborateur Pierre Lecours. Dans cette production, vous revisitez les Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach. Pourquoi avoir sélectionné cette pièce?

H.B.: Je trouve important de présenter Bach aux enfants. Toutes les bases de la musique occidentale reposent sur Bach. La musique comme on la connait aujourd'hui a été établie à ce moment-là.

Mon choix s'est également arrêté sur les Variations Goldberg parce que la partition peut se séparer en courtes pièces d'un maximum de 230 à 300 secondes, permettant ainsi de petits tableaux. Il faut que ça aille vite avec les enfants de l'ère informatique!

C.G.: Quels thèmes ou sentiments voulez-vous explorer avec Gold?

H.B.: Une partie de l'idée est de mettre de l'avant la musique, de la faire découvrir. Même chose pour la danse. Mis ensemble, les deux arts s'adoucissent.

Avec Gold, je veux donner corps à la musique baroque. C'est entre autres pour ça que les parents passent un bon moment, eux aussi.

C.G.: Variation S sera présenté quelques jours plus tard et le spectacle s'adresse à un public adolescent. Comment vous est venue l'inspiration pour cette pièce?

H.B.: Ça faisait plus de 15 ans que je souhaitais reprendre le Sacre du printemps de Stravinski, mais je ne trouvais pas l'angle. Et puis je me suis dit que ce serait intéressant de l'adapter pour les ados! Quand j'ai trouvé mon public, le reste s'est déployé tout seul.

C.G.: Si Variations S est inspiré du Sacre du printemps de Stravinski, peut-on penser qu'il y aura une grande part d'éléments empruntés au ballet dans la gestuelle?

H.B.: Le Sacre du printemps a été créé à l'origine des balbutiements de la danse contemporaine, mais il y a aussi beaucoup de références au ballet dans l'original.

Nous, avec notre version, on a voulu boucler la boucle. Par exemple, les filles sont sur les pointes à certains moments, dans la pièce.

C.G.: En terminant, j'aimerais connaitre vos projets à venir dans les prochains mois ou années. Quelles sont les créations sur lesquelles vous travaillez en ce moment?

H.B.: En ce moment, je prépare une pièce pour l'école de danse de Québec. Et puis, je suis aussi en train de développer une adaptation de Roméo et Juliette dans la version de Berlioz, qui est plus rarement reprise. Pour se faire, je vais travailler avec Martin Tétreault, le même musicien qui a travaillé sur Variations S avec moi.

Hélène Blackburn: ses spectacles