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Egypte: un manifestant tué à Port-Saïd à la veille d'un verdict

08/03/2013 07:42 EST | Actualisé 08/05/2013 05:12 EDT

Un manifestant égyptien a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi, lors d'affrontements avec la police à Port-Saïd, à la veille du verdict dans un procès pour des violences après un match de football l'an dernier dans cette ville du nord-est.

La tension est très vive à Port-Saïd depuis la condamnation à la peine capitale en janvier de 21 personnes, principalement des supporteurs du club de football de la ville, pour ces violences qui avaient fait 74 morts, notamment parmi les supporteurs du club adverse, l'Al-Ahly du Caire.

Cinquante-deux autres accusés, jugés pour les mêmes évènements, doivent être fixés sur leur sort samedi.

Ce verdict dans le deuxième volet de l'affaire coïncide avec une mobilisation sans précédent de la police à travers le pays, y compris dans la ville voisine d'Ismaïliya, où des policiers de la force anti-émeute ont indiqué qu'ils refuseraient de se déployer à Port-Saïd.

Les policiers sont en grève car ils estiment ne pas être suffisamment équipés pour faire face à des protestataires violents, et devoir subir les conséquences des erreurs du gouvernement.

Jeudi soir, des manifestants ont de nouveau défilé jusqu'au siège de la police à Port-Saïd, qui a été incendié lors de rassemblements précédents, et des heurts les ont opposés à des policiers.

Karim Sayyid Abdel Aziz, 33 ans, est mort après avoir été touché à trois reprises par balle, dont une à la tête, selon un médecin qui a fait état de 73 manifestants blessés.

Le président Mohamed Morsi a déployé l'armée pour soutenir la police dans la ville depuis le verdict de janvier, qui avait déclenché des affrontements au cours desquels une quarantaine de personnes avaient trouvé la mort.

La tension est remontée d'un cran dimanche après l'annonce du transfert hors de Port-Saïd de 39 accusés dans le procès pour violences d'après-match dont le verdict est rendu au Caire pour des raisons de sécurité. Parmi les accusés figurent neuf policiers et trois cadres du club de foot de Port-Saïd, Al-Masry.

Six personnes, dont trois policiers, ont été tuées dans des affrontements survenus dans la nuit de dimanche à lundi.

La ville se prépare à de nouveaux heurts en cas de condamnation.

"Ce qui se passe samedi dépend du verdict", a déclaré Al-Badry al-Farghali, ancien député de Port-Saïd. "Je pense qu'il vaudrait mieux reporter le verdict, sinon l'Egypte risque de s'embraser, ici ou ailleurs", a-t-il estimé.

La police s'est largement retirée, et l'armée a repris en main une bonne partie de ses tâches dans la ville.

"Je suis terrifié de ce qui risque d'arriver samedi" a déclaré à l'AFP un soldat en faction devant le QG de la police.

Si le verdict était favorable aux accusés, le gouvernement de M. Morsi, très contesté, devrait de toute façon faire face à des protestations, cette fois-ci au Caire, où des supporteurs du club Al-Ahly ont menacé de protester.

Les Ultras, les plus extrêmes des fans d'Al-Ahly, ont mené diverses actions cette semaine, et attaqué le domicile d'une ancien ministre de l'Intérieur, qui dirigeait la police au moment des violences d'après match en 2011.

Selon l'agence de presse officielle Mena, le ministère de l'Intérieur a prévu de déployer 2.000 policiers devant l'acédémie de police du Caire, où les juges doivent rendre leur verdict dans une salle d'audience improvisée pour l'occasion.

De nouveaux troubles mettraient encore un peu plus en péril les projets de réforme économique que le gouvernement peine à mettre en oeuvre, et nécessaires pour obtenir un prêt crucial de 4,8 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international.

Depuis l'élection de M. Morsi mi-2012, des troubles récurrents ont entravé ses efforts en vue de remettre sur les rails l'économie égyptienne.

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