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USA: la Cour suprême sollicitée sur l'usage de photos de foetus avortés

07/03/2013 01:58 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

La Cour suprême des Etats-Unis a été sollicitée cette semaine pour trancher sur l'usage de photos crues de foetus que les militants anti-avortement utilisent fréquemment au cours de leurs actions.

Une plainte de la société conservatrice Thomas More de Chicago (Illinois, nord) a été déposée mardi devant la haute Cour pour qu'elle renverse l'interdiction par la justice du Colorado (ouest) de "l'affichage de grands posters, montrant des images horribles de foetus mutilés ou de cadavres", selon la décision d'une cour d'appel de l'Etat.

Deux militants anti-avortement avaient brandi de telles images sur un trottoir le long du parcours d'une procession religieuse un dimanche des Rameaux à Denver. L'église St John in the Wilderness avait porté plainte, estimant que ces "images horribles" avaient été vues par des paroissiens, dont des enfants. Elle avait obtenu gain de cause devant une cour d'appel.

Dans son recours devant la plus haute juridiction du pays, la société Thomas More estime que l'interdiction des "images crues" va à l'encontre de la liberté d'expression des militants "pro-vie", dont l'objectif est de montrer "l'abstraction invisible" de la vie foetale. Elle les compare aux photos de victimes de lynchages qui montrent "ce que l'on n'osait pas imaginer" ou de l'holocauste "qui de la même façon ont aidé à réaliser toute l'horreur du nazisme".

La haute Cour devra décider dans les prochaines semaines si elle se saisit de cette plainte.

De leur côté, les autorités de l'Oklahoma (sud) ont quasi-simultanément demandé à la Cour suprême de se pencher sur une loi portant sur l'utilisation d'une pilule abortive (RU-486) jugée anticonstitutionnelle par la justice de l'Etat.

D'autres plaintes sont attendues ces prochains mois devant la Cour suprême pour tenter d'obtenir le réexamen de la question de l'avortement, légal depuis 40 ans aux Etats-Unis, alors que des Etats, comme l'Arkansas (sud) mercredi, votent des lois rendant l'interruption volontaire de grossesse plus difficile.

Fin octobre 2012, la Cour suprême avait refusé de revoir sa décision du 22 janvier 1973 "Roe versus Wade", en retoquant un recours sur une autre réforme de l'Oklahoma qui voulait écrire dans la Constitution de l'Etat que l'embryon est une "personne", le protégeant ainsi de tout avortement.

chv/mdm

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