NOUVELLES

USA: accusée de tweets antisémites, une Egyptienne privée de décoration

07/03/2013 07:25 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

Dans un rétropédalage embarrassant, l'administration américaine a annoncé jeudi qu'elle renonçait dans l'immédiat à accorder une prestigieuse décoration à une militante égyptienne, accusée d'avoir tenu des propos antisémites ou anti-américains sur Twitter.

Samira Ibrahim devait recevoir vendredi, à l'occasion de la Journée internationale des femmes, aux côtés de neuf autres femmes le prestigieux "International Women of Courage Award", lors d'une cérémonie organisée en présence du secrétaire d'Etat John Kerry et de la "First Lady" Michelle Obama.

La militante égyptienne avait été choisie "en raison du courage et de la bravoure exceptionnels dont elle avait fait preuve lors des manifestations sur la place Tahrir", au Caire, a rappelé la porte-parole de la diplomatie américaine Victoria Nuland.

Mme Nuland a reconnu que le département d'Etat "avait appris très tardivement dans ce processus l'existence de ces commentaires attribués à Mme Ibrahim": "Après avoir étudié attentivement cette question, nous avons décidé de reporter la décoration prévue cette année de Mme Ibrahim, pour avoir l'opportunité de nous pencher plus précisément sur ces affirmations".

Le magazine conservateur Weekly Standard a accusé sur son site internet Samira Ibrahim d'avoir tenu sur le réseau social Twitter --où elle est extrêmement active-- des propos antisémites, anti-israéliens ou anti-américains.

Selon le magazine, qui cite des traductions des ces tweets rédigés en arabe, la militante égyptienne se serait félicitée de l'attentat visant des Israéliens qui avait fait 6 morts en juillet 2012, aurait célébré l'anniversaire du 11-Septembre en souhaitant que "chaque année, l'Amérique brûle", ou aurait même cité Adolf Hitler en tenant des propos clairement antisémites.

Samira Ibrahim a assuré au département d'Etat que son compte avait été piraté. Sur les plus de 18.000 tweets qu'elle a envoyés au cours des dernières années, "elle nie être l'auteur de quatre d'entre eux qui ont été portés à notre attention, dont deux sont antisémites et deux autres célèbrent le terrorisme", a précisé Mme Nuland.

Déjà présente à Washington quand la polémique a éclaté, la militante est repartie chez elle quand le département d'Etat a décidé que "ses propos devaient être étudiés", a-t-elle ajouté.

jkb/mdm/are

PLUS:afp