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Tractations pour libérer 21 Casques bleus philippins en Syrie

07/03/2013 07:02 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

Des négociations étaient en cours jeudi pour obtenir la libération de 21 observateurs philippins de l'ONU capturés par les rebelles en Syrie, où l'armée tentait de reprendre Raqa, la première grande ville à être tombée entièrement mercredi aux mains des insurgés.

Dans le premier rapt du genre depuis le début du conflit il y a près de deux ans, des rebelles ont enlevé 21 observateurs philippins de la Force de l'ONU chargée depuis 1974 de faire respecter un cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan (sud), occupé en grande partie par l'Etat hébreu.

Les responsables de la Force de l'observation du désengagement sur le Golan (FNUOD) ont engagé des négociations pour libérer les observateurs, capturés lors d'une "mission d'approvisionnement" près de Jamla, à la limite du Golan, selon Manille et l'ONU.

Un peu plus tard, le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky a affirmé que la FNUOD avait été "en contact avec eux par téléphone et confirmé qu'ils n'ont pas été maltraités".

La Brigade des martyrs de Yarmouk, le groupe rebelle responsable du rapt, a affirmé à l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qu'il exigeait, pour les libérer, le retrait de l'armée de Jamla, situé à 1,5 km de la ligne de cessez-le-feu.

L'OSDH, une ONG qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales, a diffusé sur internet une vidéo montrant six des observateurs en habit militaire, assis les uns à côté des autres dans une pièce, avec un homme se présentant comme membre du bataillon philippin.

Dans le nord-est du pays, Raqa, première capitale provinciale à tomber aux mains des rebelles depuis le début du conflit, a été la cible de nouveaux raids de l'aviation, selon l'OSDH.

D'après le quotidien officiel, Al-Watan, "de nombreux corps de terroristes", mot utilisé par Damas pour désigner les rebelles, "gisent sur les bords des routes après avoir été visés par l'armée de l'air". Il a reconnu que "plusieurs quartiers sont tombés", mais "pas la ville" en entier.

Les violences ont fait jeudi dans le pays 123 morts, dont 23 civils, 60 rebelles et 40 soldats selon un bilan provisoire de l'OSDH.

Depuis deux ans, elles ont fait plus de 70.000 morts, un million de réfugiés, dont une moitié d'enfants, et des millions de déplacés selon l'ONU qui a parlé de "catastrophe absolue".

L'Unicef a affirmé jeudi avoir besoin jusqu'à juin de 80 millions de dollars pour agir en faveur des réfugiés en Jordanie. L'organisme indique que 57% de ces réfugiés sont des enfants, précisant que "20% d'entre eux ont moins de 5 ans".

A Paris, l'ONG Médecins sans frontières (MSF) s'en est pris au régime de Bachar al-Assad qui cible, selon elle, les structures de santé et empêche l'envoi d'aide dans de vastes zones du pays, mais aussi aux institutions internationales pour leur pusillanimité.

L'ONG a réclamé un accord politique "sur l'aide humanitaire pour faciliter son acheminement".

Alors qu'aucune issue au conflit ne semble en vue en raison de la division de la communauté internationale, le chef de la Coalition de l'opposition Ahmed Moaz al-Khatib a adressé une lettre aux secrétaires généraux de l'ONU, de la Ligue arabe et l'Organisation de la coopération islamique (OCI) pour dénoncer le "génocide" du peuple syrien (...) perpétré au su et au vu du monde".

Sur le plan politique, la formation d'un gouvernement provisoire sera à l'ordre du jour d'une réunion de l'opposition mardi à Istanbul, selon des membres de la Coalition.

A l'occasion du 50ème anniversaire de l'arrivée du Baas au pouvoir en Syrie, ce parti a affirmé de son côté que "la Syrie va surmonter cette crise et sera plus forte". Le parti est "déterminé à faire avorter les complots qui visent l'unité de la Syrie", a-t-il ajouté.

bur/vl/hj

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