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Syrie: tractations pour libérer 21 Casques bleus philippins

07/03/2013 04:21 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

Les tractations étaient en cours jeudi pour obtenir la libération de 21 observateurs philippins de l'ONU capturés par les rebelles en Syrie, Manille et le Conseil de sécurité appelant à leur élargissement immédiat.

Sur le terrain, alors que le conflit s'apprête à entrer le 15 mars dans sa troisième année, les troupes du régime de Bachar al-Assad tentaient à coups de raids aériens de reprendre Raqa (nord-est), première grande ville à tomber entièrement mercredi aux mains des rebelles.

Dans le premier rapt du genre depuis le début du conflit, des rebelles ont enlevé 21 observateurs philippins de la Force de l'ONU chargée depuis 1974 de faire respecter un cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan, dont la majeure partie est occupée par l'Etat hébreu.

Manille et l'ONU ont affirmé que les responsables de la Force de l'observation du désengagement sur le Golan (FNUOD) négociaient la libération des observateurs capturés alors qu'ils menaient une "mission ordinaire d'approvisionnement" dans le sud du Golan.

Les chefs de la FNUOD ont engagé des pourparlers avec les rebelles et "ils s'attendent à ce que les observateurs soient relâchés", a déclaré le président Benigno Aquino en disant qu'ils sont "bien traités" et que "pour l'instant, rien n'indique qu'ils soient en danger".

Le chef de la diplomatie philippine Albert del Rosario a appelé à leur libération "sans délai".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les ravisseurs exigent, pour les relâcher, le retrait des troupes du régime des abords du secteur de Jamla situé à 1,5 km de la ligne de cessez-le-feu et certains d'entre eux accusent même la FNUOD "d'aider l'armée".

A New York, les 15 membres du Conseil de sécurité ont condamné "fermement" leur détention et "exigé leur libération immédiate et sans condition".

Le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, a parlé d'un "incident très grave" et fait état de "négociations en cours".

A Jérusalem, un responsable israélien a dit redouter que cette capture ne provoque le départ de l'ensemble de la FNUOD qui compte un millier de soldats venus de cinq pays (Autriche, Croatie, Inde, Japon, Philippines).

"Cet enlèvement risque de convaincre des pays disposant de contingents dans cette force de les rapatrier, ce qui créerait un vide dangereux dans la zone" démilitarisée, a-t-il dit.

L'ONU avait en décembre dénoncé la présence de rebelles dans la zone démilitarisée du Golan, de même que les incursions de l'armée pour les pourchasser.

Fin février, l'ONU avait annoncé qu'un membre de la FNUOD était porté disparu sans préciser sa nationalité.

La guerre, déclenchée à la suite de la répression sanglante d'une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad, a fait plus de 70.000 morts et ne donne aucun signe d'essouflement, la communauté internationale étant divisée sur les moyens de l'arrêter, et les belligérants décidés chacun à la remporter.

Première capitale provinciale à tomber aux mains des rebelles depuis le début du conflit, la ville de Raqa, proche de la frontière turque, a été la cible de nouveaux raids de l'aviation syrienne, selon l'OSDH.

D'après le quotidien syrien proche du pouvoir, Al-Watan, "de nombreux corps de terroristes", mot utilisé par Damas pour désigner les rebelles, "gisent sur les bords des routes après avoir été visés par l'armée de l'air syrienne".

Le quotidien a reconnu que "plusieurs quartiers de la ville sont tombés" aux mains des rebelles, mais "pas la ville" en entier.

Après l'ONU qui a annoncé que le cap du million de réfugiés syriens avait été franchi et parlé d'"une catastrophe absolue" en Syrie, l'ONG Médecins sans frontières a dressé un bilan tout aussi sombre réclamant un accord politique pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire.

ram/tp

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