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Présidentielle en Iran: les principaux candidats restent dans l'ombre

07/03/2013 04:31 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

A 100 jours de la présidentielle iranienne du 14 juin, les annonces de candidatures fleurissent mais les principales personnalités conservatrices préfèrent rester dans l'ombre alors que les réformateurs, affaiblis depuis 2009, attendent encore leur champion.

Cette élection sera scrutée de très près par l'Occident, quatre ans après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad qui avait provoquée un mouvement de contestation violemment réprimé par le pouvoir.

Mohsen Rezaï, ancien chef des Gardiens de la révolution et actuel secrétaire du Conseil de discernement, la plus haute instance d'arbitrage politique du pays, et l'ex-ministre des Affaires étrangères (2005-2010) Manouchehr Mottaki, ont déjà annoncé qu'ils brigueraient la succession de M. Ahmadinejad, qui ne peut pas se représenter après deux mandats consécutifs.

Mais ils sont considérés comme des outsiders, manquant d'assise populaire et de soutien important au sein du pouvoir. M. Rezaï, déjà candidat en 2009, avait recueilli moins d'un million de voix (sur 40 millions). S'il reste connu à l'étranger, M. Mottaki a disparu de l'arène politique depuis son limogeage surprise par le président Ahmadinejad.

Leur campagne pourrait même s'arrêter avant le 7 mai, début du dépôt officiel des candidatures. Ensuite, le Conseil des gardiens de la Constitution, contrôlé par des religieux conservateurs et chargé de superviser les élections, devra approuver les quelques candidats autorisés à se présenter. Ils seront annoncés au plus tard le 22 mai.

S'il se présente, Esfandiar Rahim Mashaie, mentor de M. Ahmadinejad, devra passer sous les fourches caudines du Conseil. Ex-directeur du cabinet présidentiel, il est la bête noire des ultraconservateurs pour ses positions nationalistes et libérales jugées "déviationnistes". S'il est recalé, un autre proche de M. Ahmadinejad pourrait alors apparaître.

Les ultraconservateurs avaient soutenu M. Ahmadinejad en 2009. Mais ils sont entrés en guerre ouverte contre lui depuis qu'il a défié l'autorité du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, au printemps 2011.

Pour trouver son remplaçant, le camp conservateur s'active en coulisses. Ali Akbar Velayati, chef de la diplomatie pendant 16 ans (1981-1997) et surtout actuel conseiller spécial du Guide, a formé une alliance, baptisée "Coalition tripartite des principalistes", avec Mohammad Bagher Ghalibaf, actuel maire de Téhéran et ex-chef de la police, et Gholam-Ali Hadad-Adel, ancien président du Parlement et parent par alliance de l'ayatollah Khamenei.

M. Velayati, présenté comme le candidat le plus sérieux, a récemment assuré qu'un seul de ces trois hommes se présenterait. Mais il est resté flou sur la date du choix du candidat unique.

Le président du Parlement, Ali Larijani, membre d'une famille influente et dont le frère est à la tête du pouvoir judiciaire, est également un candidat conservateur potentiel.

Les ultraconservateurs du "Front de la persistance", proches d'Ahmadinejad mais critiques à l'égard de M. Rahim Mashaie, pourraient présenter Saïd Jalili, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, qui négocie avec les grandes puissances sur le programme nucléaire controversé iranien.

Le flou subsiste aussi chez les réformateurs, qui voudraient tourner la page de 2009, lorsque leurs candidats Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi avaient dénoncé des fraudes massives et pris la tête de la contestation. Ils sont en résidence surveillée depuis plus de deux ans.

Les anciens présidents Akbar Hachemi Rafsandjani (conservateur modéré) et Mohammad Khatami (réformateur) ne seront pas candidats, selon leurs proches. Mohammad Reza Aref, ancien vice-président de M. Khatami, s'est déclaré, tandis que Hassan Rohani, chargé des négociations nucléaires avec les grandes puissances sous Khatami, a laissé entendre qu'il pourrait également se présenter.

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