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Pour les Palestiniens, Chavez était loin des yeux mais près du coeur

07/03/2013 08:19 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

Dirigeants et citoyens palestiniens, en Cisjordanie comme dans la bande de Gaza, pleurent Hugo Chavez, soutien indéfectible de leur cause, déplorant que les pays arabes ne montrent pas la même ardeur face à Israël.

Le défunt président vénézuélien était devenu un "héros" pour les Palestiniens en janvier 2009, en dénonçant le "gouvernement d'Israël assassin et génocidaire", lors d'une opération meurtrière dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. Il avait ensuite expulsé l'ambassadeur d'Israël et rompu les relations diplomatiques.

"C'est une grande perte pour nous", a déclaré jeudi le président Mahmoud Abbas, dont l'Autorité palestinienne gouverne les zones autonomes de Cisjordanie, venu présenter en personne ses condoléances à la représentation vénézuélienne à Ramallah.

"Le peuple palestinien restera fidèle à Chavez, dont la mémoire sera gravée dans notre conscience, en reconnaissance de son soutien courageux à notre droit d'établir un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale", avait auparavant assuré M. Abbas dans un communiqué.

"La Palestine dit adieu à un ami loyal qui a défendu passionnément notre droit à la liberté et à l'autodétermination", avait affirmé dans une première réaction Nabil Chaath, un dirigeant du mouvement Fatah de Mahmoud Abbas, citant "sa position forte contre l'agression de 2008/2009 à Gaza, ainsi que son ferme soutien à la reconnaissance de la Palestine à l'ONU" en 2011-2012.

A Gaza, où photos de Chavez et drapeaux vénézuéliens s'affichaient dans les boutiques de souvenirs, le Hamas a rendu hommage au "grand leader Hugo Chavez qui a consacré sa vie à défendre la dignité et la liberté de son peuple et les principes de refus de soumission à l'hégémonie américano-israélienne et s'est tenu au côté du peuple palestinien face à l'agression et l'occupation sionistes".

"Son dernier acte de bravoure a été d'autoriser les Palestiniens à entrer au Venezuela sans visa, alors que beaucoup de dirigeants arabes hésitent encore à le faire", a souligné le mouvement islamiste mercredi.

"Nous n'oublierons pas sa position courageuse sur la question palestinienne, en particulier lors de l'opération israélienne, il a été le premier à expulser l'ambassadeur d'Israël" en 2009, rappelle Bahaa Wahba, un étudiant de 23 à Gaza.

"Il ressentait la souffrance des Palestiniens, nous espérons que les pays arabes suivront son exemple en adoptant une attitude plus positive envers la cause palestinienne", confie Hani al-Agha, un fonctionnaire de 31 ans.

Le sentiment était partagé en Cisjordanie, où des participants à une manifestation de solidarité avec les détenus palestiniens d'Israël devant la prison militaire d'Ofer, près de Ramallah, arboraient mercredi des portraits de Hugo Chavez et des tee-shirts à son effigie, ainsi que des drapeaux vénézuéliens.

"Chavez était connu comme un révolutionnaire, il a pris position contre l'occupation israélienne bien plus nettement que beaucoup de pays arabes", estime Samir Abdelkarim, 53 ans, ouvrier dans une usine de Ramallah.

"Désormais", regrette Imad Mahmoud, 35 ans, un habitant de Ramallah, "il n'y a aucun président dans le monde qui aime le peuple palestinien comme le président Chavez et soutienne autant que lui la cause palestinienne".

Israël observait en revanche un mutisme officiel sur la disparition de Chavez, considéré comme l'un des dirigeants les plus hostiles à l'Etat hébreu, inquiet des ambitions nucléaires de l'Iran, dont le président vénézuélien était proche.

bur-sst/jlr/feb

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