POLITIQUE

Pont Champlain: Ottawa et Québec en désaccord sur le type de transport en commun

07/03/2013 04:21 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT
PC

OTTAWA - Québec et Ottawa ne sont visiblement pas sur la même voie quant il s'agit de formuler un plan pour le futur pont qui remplacera l'actuel pont Champlain.

Le ministre des Transports du Québec, Sylvain Gaudreault, rencontrait son vis-à-vis fédéral Denis Lebel, à Ottawa jeudi, mais est sorti de la rencontre sans avoir réussi à le mettre sur la même longueur d'ondes que lui.

À l'issue de la rencontre, M. Gaudreault a émis un communiqué acerbe dans lequel il a reproché au gouvernement fédéral de s'apprêter à «faire un pont dans un entrepôt et à le mettre au-dessus de la voie maritime avec deux grues, sans vision d'ensemble, de manière désincarnée».

Mais ce serait la question du transport en commun — et de son coût — qui serait le problème selon le ministre Lebel.

«Il (M. Gaudreault) nous demande de payer la totalité du transport en commun et ça ne sera pas comme ça», souligne M. Lebel qui a évité de préciser si le fédéral serait toutefois prêt à en payer une partie.

Dans le passé, le ministre fédéral des Transports avait bien insisté que le transport en commun est une responsabilité provinciale et que la facture lui revient.

Interrogé par les journalistes après la réunion, le ministre fédéral a soutenu qu'il demandait depuis le début à Québec de préciser ses intentions en matière de transport en commun, à savoir s'il désirait installer des rails pour un train léger sur le pont ou simplement un pavage pour réserver des voies aux autobus.

M. Lebel a fait valoir que le coût des rails est beaucoup plus élevé et qu'Ottawa doit savoir ce que Québec privilégie.

Il veut connaître le choix de la province d'ici le mois de juin.

«Ce signal de la part du Québec est nécessaire afin de respecter l’échéancier pour construire le nouveau pont» a déclaré le ministre Lebel. Selon lui, «il n'y a pas une minute à perdre», parce que la vie utile du pont actuel arrive à terme.

M. Lebel a ajouté que si le Québec fait ce choix par rapport au mode de transport en commun, il devra énoncer cette priorité lorsque les enveloppes fédérales destinées aux infrastructures seront connues, laissant ainsi entendre que les sommes qu'Ottawa est prêt à investir dans le nouveau pont ne comprennent pas, du moins pour l'instant, le coût de rails éventuels pour un système de train léger.

«Si le Québec veut prioriser le transport en commun dans cette enveloppe-là et mettre de l’argent davantage sur ce nouveau projet-là, ce sera leur choix et on le fera avec plaisir mais ça sera leur choix. On n’aura pas le beurre et l’argent du beurre là-dedans», avertit le ministre Lebel.

Visiblement, les deux ministres semblent rejeter le manque de collaboration sur l'autre.

«Le gouvernement du Québec désire travailler avec le gouvernement fédéral dans le but de se donner une vision commune dans ce dossier. Visiblement, le ministre Lebel rejette cette main tendue», estime le ministre Gaudreault.

«Je le laisserais aller là-dedans, a rétorqué M. Lebel sur la «déception» avouée de son vis-à-vis provincial. Moi je veux travailler avec les gens qui veulent travailler avec moi. Je vais le laisser à ses choix.»

Selon Québec, le pont Champlain est le plus achalandé au Canada avec le passage de 60 millions de véhicules par année et plus de 16 600 camions par jour.

Le gouvernement du Canada s'est engagé en octobre 2011 à construire un nouveau pont sur le Saint-Laurent, entre Montréal et sa rive-sud.