NOUVELLES

Libye: un groupe armé enlève des journalistes d'une télévision privée

07/03/2013 01:30 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

Un groupe armé a pris d'assaut jeudi à Tripoli le siège d'une télévision privée proche des libéraux et enlevé le patron de la chaîne et quatre journalistes, a indiqué la Commission des droits de l'Homme à l'Assemblée nationale.

Le propriétaire de Alassema TV, Jomaa Al-Osta, ainsi que quatre présentateurs et journalistes de la chaîne ont été enlevés par "des individus inconnus", a indiqué dans un communiqué la commission.

La Commission a condamné l'attaque et "appelé le ministère de l'Intérieur à assumer totalement sa responsabilité et à intervenir immédiatement pour libérer les prisonniers".

Mohamed al-Charkassi, un présentateur d'Alassema TV qui a été libéré peu après, a raconté l'incident sur la chaîne privée Libya al-Ahrar.

Il a indiqué avoir été "arrêté devant le siège de la télévision par des individus qui se présentaient comme d'anciens rebelles de Tripoli", précisant qu'ils étaient "très remontés contre Alassema TV pour sa ligne éditoriale".

Après avoir été interrogé, "j'ai été libéré à condition que je quitte la capitale", a-t-il dit, sans préciser quel était le sort de ses collègues.

"Plusieurs individus, dont certains armés, ont pris d'assaut jeudi en début d'après-midi le siège d'Alassema TV (...) pénétrant à l'intérieur par les fenêtres", a indiqué Libya al-Ahrar.

L'agence de presse libyenne Lana a également fait état d'un assaut du bâtiment de la chaîne, ayant provoqué "d'énormes dégâts dans les studios".

Des forces des services de sécurité étaient déployés autour du siège d'Alassema TV après le départ des assaillants, a constaté un journaliste de l'AFP.

Alassema TV est connue pour être proche de la coalition de tendance libérale de Mahmoud Jibril, qui a remporté les élections de juillet 2012 devançant les islamistes.

Des dizaines de journaux et chaînes de télévision privés ont vu le jour après la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi qui avait bâillonné la presse durant des années, interdisant les médias privés et bannissant toute critique.

yba-ila/vl

PLUS:afp