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Le traitement réservé à Marc Ouellet inquiète l’Église catholique de Québec

07/03/2013 04:14 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Le sort, mais surtout le traitement, qui sera réservé au cardinal Marc Ouellet inquiète l’Église catholique de Québec qui a tenu à réagir à une publication d'une association américaine de victimes de prêtres.

Le groupe Survivors Network of those Abused by Priests (SNAP) a publié une liste de douze cardinaux qu'ils disent «entachés» par divers scandales. Parmi eux se trouve l'ancien archevêque de Québec, Marc Ouellet.

Mais en soirée jeudi, le SNAP a présenté des excuses pour avoir employé l'expression «Dirty Dozen» pour décrire les 12 hommes supposément «entachés» par des scandales.

Dans une déclaration transmise par courriel, David Clohessy, l'un des trois employés du groupe, soutient que le SNAP est incapable de surveiller de quelle façon se traduit dans diverses langues le titre de ce film sorti en 1967. En français, ce film s'intitulait «Les douze salopards», et c'est ce dernier mot, employé par certains médias mercredi, qui a fait réagir le Diocèse de Québec, jeudi.

Le SNAP souhaite, de plus, que les catholiques et les citoyens, au Canada et ailleurs, se concentrent sur ce que le regroupement considère comme étant le plus important, notamment le fait que le cardinal Ouellet aurait refusé de rencontrer des victimes au Canada, selon «des médias conventionnels crédibles», a ajouté le SNAP.

Dans cette même lettre, le SNAP soutient que le cardinal Ouellet était au courant depuis des mois des allégations d'inconduite sexuelle qui circulaient à l'endroit du cardinal écossais Keith O'Brien et qu'il les aurait tues.

«En bref, dans cette affaire très en vue, et à ce moment critique, (le cardinal) Ouellet a emprunté une approche lente, secrète et docile qui semblait, au premier abord, destinée à protéger la réputation des puissants plutôt que la sécurité des vulnérables», écrit le regroupement.

Le directeur des communications de l’Église catholique de Québec, Jasmin Lemieux-Lefebvre, s'était dit ébranlé par les propos parfois crus et tranchants qui ont été répandus, selon lui sans fondement avéré, au sujet du cardinal Ouellet.

Selon M. Lemieux-Lefebvre, le passé de Paul Ouellet, le frère du cardinal, qui a été condamné pour un dossier d'inconduite sexuelle impliquant des mineures, ne doit pas non plus prêter ombrage à la candidature potentielle de Marc Ouellet, qui lui, n'a pas été mêlé à cette histoire.

Jasmin Lemieux-Lefebvre a aussi affirmé que les candidatures sont relevées en vue du conclave qui doit s'amorcer dans les prochains jours.

Il invite la population, peu importe leurs croyances, à simplement réaliser qu'une occasion exceptionnelle s'offre au Québec, qui pour la première fois, voit «un des siens» sur la liste restreinte des personnes qui pourraient occuper un tel poste au sein de l'Église.

Toujours selon lui, les propos durs doivent céder la place à un débat rehaussé.

«Non pas par respect pour l'institution catholique, mais pour les hommes et les femmes qui en font partie», a tenu à nuancer M. Lemieux-Lefebvre, qui croit que toute la communauté catholique se trouve affectée par des débordements.

De son côté, l'Association des victimes de prêtres du Québec n'est pas en cavale contre la candidature de Marc Ouellet. Elle croit aussi qu'il n'a pas à payer le prix des gestes commis par son frère. Carlo Tarini, directeur des communications à l'association, espère d'ailleurs voir le cardinal originaire de La Motte, en Abitibi, prendre le rôle de Souverain pontife.

Selon M. Tarini, son élection ne ferait qu'attirer davantage l'attention sur les cas de victimes québécoises et dont les dossiers n'avancent pas. L'association pense que la cause pourrait être bien servie par un pape du Québec et ainsi trouver écho au Vatican, lieu d'où sont émises les directives aux membres de l'Église.

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