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John Kerry, l'europhile

07/03/2013 11:23 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

Il s'est exprimé en français, en allemand et même en italien: le secrétaire d'Etat américain John Kerry a voulu charmer ses hôtes pendant sa tournée en Europe, invoquant ses liens familiaux et sentimentaux avec le Vieux Continent et défendant la relation transatlantique.

Pour son premier voyage, le nouveau chef de la diplomatie américaine avait choisi de commencer par les quatre grands alliés européens --Londres, Berlin, Paris et Rome-- avant la Turquie, l'Egypte et le Golfe dont il est rentré mercredi à Washington.

Dans les capitales européennes, devant la presse internationale ou la communauté américaine expatriée, John Kerry s'est beaucoup livré sur ses "connections" personnelles avec l'Europe.

M. Kerry, dont le fief est dans le Massachusetts (nord-est), a ses racines très profondément enfouies dans l'histoire européenne et est issu d'une famille de juifs austro-hongrois convertis au catholicisme du côté paternel et d'une famille américano-écossaise côté maternel.

Son lien familial le plus connu est sa parenté avec son cousin, l'écologiste français Brice Lalonde, fils d'une tante maternelle. Ils se retrouvaient souvent dans une maison familiale à Saint-Briac-sur-Mer, en Bretagne.

A l'ambassade américaine à Paris, le secrétaire d'Etat a longuement évoqué sa mère Rosemary Forbes, née à Paris parce que son père y faisait des affaires dans les années 1920.

La mère de John Kerry grandit entre la France et l'Angleterre, "avant d'être très active au début de la Seconde Guerre mondiale" à Paris, a-t-il raconté. Il a rendu hommage à cette "infirmière à Montparnasse (...) qui soignait des blessés revenus du front", avant de fuir "l'entrée des Allemands à Paris (...) et traverser la France à vélo jusqu'au Portugal pour prendre un bateau vers l'Amérique".

"Nous avons donc beaucoup de connections ici", a lancé l'Américain devant ses hôtes français.

M. Kerry en a gardé la maîtrise de la langue.

Il a parlé très aisément français, avec un bel accent américain, en conférence de presse avec son homologue Laurent Fabius, qu'il a remercié pour "l'un de ces merveilleux déjeuners qui ont attiré tant d'Américains à Paris depuis des siècles".

Il a aussi cité son très lointain prédécesseur, "le premier secrétaire d'Etat Thomas Jefferson pour qui +chaque homme a deux pays, le sien et la France+".

"Nous sommes connectés. La France a aidé l'Amérique à être l'Amérique et à gagner son indépendance. La France a été notre premier allié", a-t-il rappelé, se félicitant de la coopération actuelle sur le Mali, la Syrie, l'Iran ou la Libye.

L'Allemagne, aussi, reste chère à son coeur.

Fils de diplomate, M. Kerry a vécu enfant à Berlin divisée dans les années 1950, en pleine Guerre froide. Il a raconté être passé côté soviétique en bicyclette grâce à son passeport diplomatique, s'attirant les foudres de son père.

Dans la capitale allemande réunifiée, M. Kerry s'est fait filmer devant la Porte de Brandebourg et a dialogué en allemand avec des jeunes dans un café internet. Avec son homologue Guido Westerwelle, il a salué "l'Allemagne, sans aucun doute, l'un de nos plus solides alliés".

M. Kerry n'a pas non plus oublié la fameuse "relation spéciale" avec Londres, égrenant devant le ministre des Affaires étrangères William Hague "tout ce qui lie les Etats-Unis et le Royaume-Uni, nos valeurs et notre longue histoire communes ainsi que, dans mon cas, nos liens familiaux, personnels et amicaux".

A Rome, il a remercié, en italien, le Premier ministre Mario Monti pour son "esprit d'amitié".

Et à chaque étape européenne, le secrétaire d'Etat a défendu la relation transatlantique, plaidant pour une zone de libre échange entre les Etats-Unis et l'Union européenne. Le président américain Barack Obama a annoncé le 12 février des négociations en vue d'un Partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement entre les deux premières économies de la planète. "Nous sommes à un moment où des échanges libres et justes peuvent créer de la croissance, de la compétitivité et des millions d'emplois des deux côtés de l'Atlantique", a assuré M. Kerry.

nr/sam

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