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Haïti: une victime de torture témoigne dans le procès de Jean-Claude Duvalier

07/03/2013 07:13 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Deux hommes ont déclaré jeudi devant un tribunal de Port-au-Prince qu'ils avaient été détenus dans des conditions épouvantables pendant des mois sans accusations sous le gouvernement de l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier.

L'agronome Alix Fils-Aimé a raconté son passage dans la prison de Fort Dimanche dans les années 1970, affirmant que la plupart des personnes détenues avec lui avaient été torturées et tuées.

«Je pouvais entendre des gens se faire battre et traîner dans le couloir. Je pouvais entendre des femmes crier alors qu'elles étaient forcées d'avoir des relations sexuelles avec les gardiens», a-t-il affirmé.

L'ancien dictateur, connu sous le surnom de «Bébé Doc», a surpris de nombreux Haïtiens la semaine dernière quand il s'est présenté en cour pour défendre son ancien gouvernement, après avoir ignoré à trois reprises les convocations de la justice. Duvalier a déclaré que cette période avait été bonne pour Haïti.

La cour avait demandé à Jean-Claude Duvalier de rester disponible pour d'autres questions, mais il ne s'est pas présenté en cour jeudi. Son principal avocat a déclaré cette semaine que l'ancien dictateur, âgé de 61 ans, avait été hospitalisé pour une maladie non précisée.

Duvalier a été accusé de violations des droits de la personne et de détournement de fonds publics après son retour en Haïti en 2011, après un exil de 25 ans.

Mais un juge a ensuite statué que Duvalier devait seulement répondre à des accusations de détournement de fonds, estimant que la prescription avait expiré dans le dossier de violation des droits de la personne. La décision a fait l'objet d'un appel des avocats de l'ancien leader haïtien et de ceux des victimes alléguées.

Le dossier a lentement fait son chemin dans le système judiciaire et semblait avoir été mis de côté, jusqu'à ce qu'il se retrouve devant la cour d'appel en janvier. La cour d'appel pourrait décider de rétablir les accusations de violation des droits de la personne, maintenir celles de détournement de fonds ou abandonner toutes les accusations contre l'ancien dictateur. Le dossier pourrait éventuellement fait l'objet d'un procès.

Un avocat de la défense, Reynold Georges, s'est dit convaincu que Duvalier serait libéré de toutes les accusations.

La cour d'appel doit entendre d'autres témoignages jeudi prochain.

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