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Frappes de drones: le ministre de la Justice précise les pouvoirs d'Obama

07/03/2013 03:26 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

Le président américain n'a pas le droit d'utiliser les frappes de drones contre un citoyen américain si celui-ci n'est pas engagé dans un complot sur le territoire des Etats-Unis, a précisé jeudi le ministre de la Justice du pays, dans une lettre à un sénateur républicain.

Le ministre Eric Holder décoche ainsi une nouvelle salve dans la controverse sur les frappes de drones qui agite le Congrès américain et retarde la nomination du futur directeur de la CIA.

Dans une lettre précédente au même sénateur Rand Paul qui avait créé la polémique, M. Holder avait indiqué que le président des Etats-Unis pourrait en théorie ordonner des attaques de drones sur le territoire américain dans des circonstances exceptionnelles comparables au 11-Septembre.

"J'ai appris que vous aviez maintenant une nouvelle question", a écrit le ministre dans son nouveau courrier, dont l'AFP a obtenu une copie: "Le président a-t-il le pouvoir d'utiliser un drone armé pour tuer un Américain qui ne soit pas engagé dans un combat sur le sol américain? La réponse à cette question est non".

Sur CNN, le sénateur a estimé avoir "gagné une bataille" en obtenant cette précision.

Le recours aux drones pour des assassinats ciblés y compris contre des ressortissants américains impliqués dans des actions terroristes suscite depuis plusieurs semaines la levée de boucliers d'organisations des droits de l'Homme et depuis quelques jours une controverse au Congrès.

"Le refus du ministre de la Justice d'exclure la possibilité de frappes de drones sur des citoyens américains sur le territoire américain est plus qu'effrayant, c'est un affront aux droits constitutionnels de tous les Américains", a notamment déclaré Rand Paul.

Mais d'autres élus ont estimé que le ministre était dans son rôle en laissant de la flexibilité au commandant en chef en cas d'attaques soudaines sur le pays.

La nomination de John Brennan à la tête de la CIA a été bloquée mercredi en raison d'une procédure d'obstruction du sénateur Paul, qui a conservé la parole pendant près de 13 heures. Le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, n'a pu que repousser le vote.

Sous pression, la Maison Blanche a accepté de donner accès à certains sénateurs aux mémorandums du département de la Justice, jusque-là jalousement gardés, qui autorisent le président à ordonner des attaques contre des citoyens américains au Pakistan, en Somalie et au Yémen.

chv/lor

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