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Droits de scolarité : 3 arrestations à Québec après une brève manif sur le gel

07/03/2013 09:41 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Une manifestation contre l'indexation des droits de scolarité a pris fin aussitôt qu'elle s'est mise en marche, jeudi soir, quand les policiers de la Ville de Québec ont arrêté trois personnes parce qu'elles déambulaient illégalement dans la rue.

L'intervention des policiers s'est faite en un éclair et le groupe d'une quarantaine de personnes, qui s'étaient réunies devant l'Assemblée nationale, n'a à peine pu marcher une cinquantaine de mètres devant l'édifice.

Aussitôt que les manifestants sont descendus dans la rue, un agent de police les a avertis dans un mégaphone qu'à défaut de donner leur itinéraire, comme l'oblige un règlement municipal, leur manifestation serait déclarée illégale.

La menace a rapidement été mise à exécution, si bien que voitures de police et agents ont rapidement encerclé le petit groupe, et trois personnes ont été arrêtées.

Quelques minutes après l'intervention, un porte-parole du Service de police de la Ville de Québec, André Turcotte, a déclaré que les agents ont appliqué le règlement à la lettre.

«On n'empêche pas les gens de manifester, par contre il y a un règlement municipal qui est là, qui oblige les gens à nous avertir de l'itinéraire de la manifestation, a-t-il dit. Dans ces conditions-là, on est prêt à collaborer et à escorter les marches, comme on a toujours fait quand on a eu les trajets.»

M. Turcotte n'a pas voulu comparer la réaction des policiers de Québec avec ceux de Montréal, qui tolèrent habituellement les manifestations dont l'itinéraire ne leur a pas été communiqué, à moins de grabuges.

«Chaque situation est une situation unique, a-t-il dit. Je ne peux pas vous dire que demain soir, s'il se reproduisait la même chose, on agirait de la même façon.»

Des manifestants ont estimé que leur petit nombre a certainement incité les policiers à leur bloquer rapidement la route.

Morgane Mary-Pouliot, une étudiante du cégep de Sainte-Foy, a affirmé qu'avant de partir, les manifestants avaient décidé de voter à chaque coin de rue pour décider dans quelle direction ils iraient.

«On était trois fois moins qu'eux, alors c'est sûr que ç'a joué, a-t-elle dit. Peut-être que si on avait été le double, ça aurait changé quelque chose, mais c'était très stratégique, ça faisait depuis 20h qu'ils se préparaient à nous intercepter.»

L'étudiante était surprise par la rapidité d'intervention des policiers.

«C'est quand même 45 secondes qu'on a eu dans la rue, même peut-être moins, a-t-elle dit. Ils étaient tous placés, ils savaient qu'on ne donnerait pas nécessairement l'itinéraire.»

Jordan Grenier-Gauthier, étudiant au cégep Lévis-Lauzon, a affirmé qu'il était insulté par le manque de tolérance des policiers.

«Personnellement je suis insulté et j'ai dit aux policiers que ça n'avait pas de bon sens d'arriver ici avec des matraques et des 'guns' quand nous, on n'est pas armés, on fait rien», a-t-il dit.

M. Grenier-Gauthier a affirmé que le règlement municipal, adopté l'an dernier par la Ville de Québec dans la foulée d'une loi temporaire restreignant les manifestations à travers le Québec, est «stupide».

Caroline Tétreault, elle aussi étudiante au cégep Lévis-Lauzon, a affirmé que les étudiants souhaitent encore exprimer leur mécontentement au gouvernement, même si les péquistes ont annulé la hausse des droits de scolarité des libéraux qui a mené à la crise étudiante du printemps dernier.

Mme Tétrault a affirmé que l'indexation, décidée par la première ministre Pauline Marois, est inacceptable.

«J'ai vu ça comme un affront cette augmentation de trois pour cent, a-t-elle dit. Surtout qu'ils avaient porté le carré rouge avec nous. Je ne m'attendais pas à avoir la gratuité, mais un gel, ça je pensais que c'était ça.»

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