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Deux cybermilitants condamnés à la prison au Koweït

07/03/2013 07:12 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

Deux militants de l'opposition ont été condamnés jeudi par un tribunal koweïtien à des peines de prison pour des propos jugés offensants à l'égard de l'émir sur Twitter, a indiqué un avocat de la défense.

Sager Al-Hashash a été condamné à deux ans de prison ferme alors que Nasser Al-Deehani a été condamné à vingt mois de prison avec sursis et une amende de 200 dinars (700 USD), a précisé l'avocat, Khaled Al-Hmoud, sur son compte Twitter.

Les deux hommes peuvent faire appel.

Au cours des dernières semaines, la justice koweïtienne a condamné quatre cyberactivistes et trois anciens députés de l'opposition pour insultes à l'égard de l'émir, cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, une offense punie par la loi. Des dizaines d'autres sont en instance de jugement pour des propos sur les réseaux sociaux ou pour participation à des rassemblements illégaux.

Mais le 13 février, un tribunal avait acquitté cinq militants de l'opposition, jugés pour offense à l'émir sur Twitter.

Depuis la mi-2012, au moins 35 cyberactivistes et anciens députés ont été traduits en justice pour avoir "offensé l'émir", posté des propos sur Twitter ou prononcé des discours lors de protestations publiques, selon Human Rights Watch.

HRW avait fait état le mois dernier d'une détérioration de la situation des droits de l'Homme au Koweït où la police a eu un recours excessif à la force contre les manifestants et le gouvernement a sévi contre les cyberactivistes.

La tension est montée entre l'opposition et le pouvoir depuis la tenue en décembre d'élections sur la base d'une loi électorale contestée par l'opposition, qui a boycotté ce scrutin.

Pour sa part, l'organisation Reporters sans frontières a appelé dans un communiqué jeudi les autorités à abandonner les charges contre deux journalistes de la chaîne Al-Yaum, actuellement jugés pour avoir lu à l'antenne en octobre un communiqué de l'opposition.

Rima Al-Baghdady et Ahmad Al-Enezi, arrêtés en novembre puis libérés sous caution, risquent cinq ans d'emprisonnement, selon RSF qui précise que la prochaine audience de leur procès est fixée au 10 avril.

"Reporters sans frontières dénonce la tenue d'un tel procès, visant des journalistes qui n'ont fait qu'exercer leur métier, et s'inquiète d'assister à une dégradation de la liberté de l'information", affirme le communiqué qui constate "l'augmentation du nombre de procès visant des journalistes".

oh/at/sw

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