NOUVELLES

Corée du Nord: le Conseil de sécurité impose de nouvelles sanctions

07/03/2013 11:33 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT
Getty Images
NEW YORK, NY - MARCH 07: U.S. United Nations Ambassador Susan Rice (4R) prepares to vote at a U.N. Security Council meeting on imposing a fourth round of sanctions against North Korea in an attempt to halt its nuclear and ballistic missile programs on March 7, 2013 in New York City. North Korea vowed today to launch a preemptive nuclear strike against the United States. (Photo by Spencer Platt/Getty Images)

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé jeudi d'imposer une nouvelle série de sanctions, notamment financières, à la Corée du Nord, en réaction au troisième essai nucléaire mené en février par Pyongyang.

La résolution du Conseil, proposée par plusieurs pays (dont les Etats-Unis, le Royaume Uni, la Corée du Sud et la France) et adoptée à l'unanimité de ses 15 membres, s'efforce de tarir les sources de financement utilisées par Pyongyang pour nourrir ses ambitions militaires et balistiques.

LIRE AUSSI:

» Une attaque nucléaire en cas de sanctions

Elle met sous surveillance les diplomates nord-coréens et élargit une liste noire de particuliers et entreprises soumis à des gels d'avoirs ou à des interdictions de voyager.

Elle définit plus précisément une série de produits de luxe que les dignitaires du régime communiste ne seront pas autorisés à se procurer et rend obligatoires des inspections de cargaisons suspectes en provenance ou à destination de la Corée du Nord.

Les membres du Conseil manifestent "la plus grande inquiétude" face au dernier essai nucléaire nord-coréen mené le 12 février, le troisième après ceux de 2006 et 2009. Ils se disent prêts à prendre "d'importantes mesures supplémentaires", non précisées, si Pyongyang procède à un nouveau test de bombe atomique ou à un nouveau tir de fusée.

Sans attendre le vote à l'ONU, la Corée du Nord a poursuivi l'escalade verbale, accusant les Etats-Unis de vouloir déclencher une guerre atomique et menacé Washington d'une frappe nucléaire "préventive".

Pyongyang avait déjà fait monter la tension mardi en menaçant de dénoncer l'accord d'armistice mettant fin à la guerre de Corée en 1953.

Les précédents tirs de fusée ou de missiles et essais nucléaires de la Corée du Nord lui ont déjà valu une série de sanctions internationales depuis 2006.

La liste noire des particuliers et entreprises sanctionnées s'allonge avec l'ajout de deux responsables nord-coréens présentés comme des marchands d'armes, ainsi que d'un responsable de banque, une "académie de sciences naturelles" soupçonnée de mener des recherches nucléaires, et une société d'import-export.

La résolution recense toute une série de mesures financières que les pays de l'ONU seront tenus de prendre afin d'empêcher la Corée du Nord de se procurer la technologie nécessaire au développement de ses programmes nucléaire et balistique.

Il s'agit de geler toute relation financière et bancaire soupçonnée de servir à ces programmes (ouverture d'agences bancaires, services financiers, garanties à l'exportation, etc..), "y compris les transferts de fonds en liquide par des coursiers" transportant des valises de billets.

Les Etats membres seront en outre tenus "d'expulser de leur territoire tout particulier" nord-coréen travaillant pour les entreprises soupçonnées d'alimenter ces programmes.

La résolution impose aux Etats "d'inspecter toutes les cargaisons transitant par leur territoire en provenance ou à destination de la Corée du Nord" qui pourraient contenir de la technologie sensible. Ces inspections figuraient dans les précédentes sanctions mais étaient facultatives. Pour les mêmes raisons, les avions suspects pourront se voir interdire de décollage, d'atterrissage ou de survol.

Le texte "invite les Etats membres à faire preuve d'une vigilance accrue concernant les diplomates nord-coréens".

Ces nouvelles sanctions "vont frapper durement" le régime communiste et "accentuer l'isolement de la Corée du Nord", a estimé l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice. "Défier la communauté internationale va coûter plus cher aux dirigeants nord-coréens".

Son homologue chinois Li Baodong a pour sa part appelé à "faire baisser la tension" et à revenir aux "négociations à six" (les deux Corées, Chine, Russie, Japon, Etats-Unis).

INOLTRE SU HUFFPOST

Les grands moments de tension nucléaire entre Corée du Nord et reste du monde