WASHINGTON - La Corée du Nord a débranché une ligne téléphonique directe avec la Corée du Sud, en plus d'annuler un accord de non-agression avec Séoul et de réitérer ses menaces précédentes à la suite d'un vote du Conseil de sécurité des Nations unies qui mènera à l'imposition de sanctions plus sévères à la suite de son troisième test nucléaire.

Cette déclaration publiée vendredi est survenue après que le conseil eut voté en faveur de dures sanctions contre l'économie et le leadership du régime stalinien.

La Corée du Nord a fait savoir qu'elle répliquerait avec des «frappes dévastatrices» si les ennemis entrent dans son territoire. Pyongyang avait aussi menacé de mener une «attaque nucléaire préventive» contre les États-Unis.

Le régime de Kim Jong-un a aussi menacé d'annuler le cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre entre les deux Corées, de 1950 à 1953.

La Corée du Nord a multiplié les déclarations belliqueuses cette semaine, alors que planait la menace de nouvelles sanctions de l'ONU.

Plus tôt, jeudi, la Maison-Blanche avait déclaré que les États-Unis étaient capables de se protéger d'une attaque venant de la Corée du Nord.

«Je peux vous dire que les États-Unis sont pleinement en mesure de se défendre contre toute attaque nord-coréenne de missiles balistiques», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

La Corée du Nord a mené trois tests nucléaires jusqu'à maintenant, mais les experts doutent qu'elle soit en mesure de tirer un missile nucléaire capable d'atteindre le territoire américain.

L'émissaire américain pour la Corée du Nord, Glyn Davies, a indiqué que les États-Unis feraient le nécessaire pour se défendre et défendre les pays alliés, dont la Corée du Sud, où sont déployés 30 000 soldats américains.

Les États-Unis fournissent aussi un «parapluie nucléaire» à la Corée du Sud et au Japon, deux voisins de la Corée du Nord qui ne possèdent pas d'armes nucléaires, ainsi que des capacités de défense antimissiles.

«Nous prenons toutes les menaces nord-coréennes assez au sérieux pour nous assurer que nous avons les défenses nécessaires pour faire face à tous les événements imprévus qui pourraient survenir», a déclaré M. Davies aux journalistes après avoir témoigné devant la commission des Affaires étrangères du Sénat à Washington.

Le président démocrate de la commission sénatoriale, Robert Menendez, a estimé que les menaces nord-coréennes étaient «absurdes» et équivalaient à un «suicide».

Peu avant le vote au Conseil de sécurité, le régime de Pyongyang a accusé Washington de chercher à provoquer une guerre nucléaire, affirmant que la Corée du Nord avait le droit de lancer une «attaque préventive» contre ses ennemis.

Les sanctions ont été élaborées conjointement par les États-Unis et la Chine, qui reste le plus important allié international de la Corée du Nord.

Les nouvelles sanctions visent à freiner les programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord en compliquant la possibilité de financer et d'obtenir le matériel nécessaire. Les activités diplomatiques illégales feront l'objet d'un examen plus minutieux, tout comme les marchandises importées et exportées.

Une mesure qui cible spécifiquement l'élite nord-coréenne interdit à tous les pays du monde d'exporter vers la Corée du Nord des bijoux, des yachts, des voitures de luxe et des voitures de course.

Les grands moments de la tension nucléaire entre Corée du Nord et le monde
Loading Slideshow...
  • La Corée du Nord réactive son programme nucléaire (2002)

    En 2002, le régime de Pyongyang engage un bras de fer avec Washington en réactivant son programme nucléaire. Dans la foulée, il expulse les deux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique mandatés par l'ONU.

  • Pyongyang dit posséder l'arme nucléaire (2003)

    En 2003, la Corée du Nord tente un coup de force: en échange de l'abandon de son programme nucléaire, elle exige un pacte de non-agression et une aide économique de l'Occident. C'est la première fois que le pays asiatique reconnait posséder l'arme nucléaire.

  • Le gouvernement de Kim Jong-il se retire du Traité sur la non-prolifération (2003)

    La même année, la Corée du Nord annonce son retrait immédiat du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, texte qui vise à assurer la stabilité atomique dans le monde. La communauté internationale condamne vivement cette décision.

  • Premier essai nucléaire nord-coréen (2006)

    C'est en 2006 que la Corée du Nord effectuera son tout premier essai nucléaire souterrain. Tour à tour dans le monde entier, les Etats critiquent vigoureusement cette tentative d'intimidation, même si des doutes subsistent toujours quant à l'origine des particules radioactives retrouvées en Corée.

  • Des missiles balistiques sont tirés par la Corée du Nord (2006)

    Dans la nuit du 4 au 5 juillet 2006, Pyongyang procède à 7 tirs de missiles balistiques. Tous s'échoueront en mer du Japon, même si la portée théorique des engins était susceptible d'atteindre les Etats-Unis.

  • Lancement d'un satellite nord-coréen en orbite (2009)

    Le 5 avril 2009, la Corée du Nord affirme avoir placé un satellite en orbite pour "diffuser des chants patriotiques à la gloire du régime". Mais la communauté internationale soupçonne le pays d'effectuer un test de missile déguisé. Le Pentagone affirme toutefois que la fusée a été retrouvée échouée sur Terre en deux morceaux, l'un en mer du Japon, l'autre dans le Pacifique.

  • Deuxième essai nucléaire nord-coréen (2009)

    Le 25 mai 2009, la Corée du Nord affirme avoir procédé avec succès à son deuxième essai nucléaire souterrain. La communauté internationale condamne immédiatement l'acte. Même la Russie et la Chine, considérés comme les deux seuls soutiens du régime de Pyongyang se disent opposés au test nord-coréen.