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Bombardier lance le compte à rebours du décollage de ses avions CSeries

07/03/2013 05:10 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

Le canadien Bombardier, troisième constructeur mondial d'avions, a lancé jeudi le compte à rebours du lancement de sa nouvelle gamme CSeries, des appareils présentés comme moins gourmands en énergie et avec lesquels il vient défier Boeing et Airbus.

Le géant des transports a présenté aux analystes et aux médias ses deux premiers CSeries, les monocouloirs CS100 d'une capacité comprise entre 100 et 125 passagers, lors d'un événement organisé dans son usine d'assemblage de Mirabel, en banlieue nord de Montréal.

Nez pointu et fuselage en attente de peinture, le premier CS100 est fin prêt pour les ultimes tests et il "doit effectuer son premier vol fin juin pour une entrée en service un an plus tard", a expliqué Mike Arcamone, président de la branche de Bombardier spécialisée dans les avions commerciaux.

Initialement conçu pour 149 passagers maximum, le CS300 pourra finalement accueillir jusqu'à 160 voyageurs. Son vol inaugural est prévu au début de l'année prochaine pour une mise en marché fin 2014.

La société québécoise, créée en 1941 par l'inventeur de la moto-neige Joseph-Armand Bombardier, doit convaincre les investisseurs après avoir annoncé un retard de six mois de son vol inaugural et des résultats en baisse de 29% entre 2011 et 2012, inférieurs aux attentes.

"Cinq, six mois de retard, ce n'est pas un retard", s'est défendu M. Arcamone, affirmant que Bombardier est "un concurrent sérieux" qui "va gagner" le combat l'opposant aux deux leaders du marché, Boeing et Airbus.

Pour rivaliser avec les B737-600 et 700 de l'américain et les A319, 320 et 321 de l'européen, le groupe québécois mise sur les économies offertes par ses nouveaux appareils: "C'est le meilleur ratio sièges/miles parcourus" pour ce segment, a soutenu M. Arcamone.

De fait, Bombardier a indiqué que les CSeries consommeraient 20% moins de carburant que ses concurrents directs, et produiraient quatre fois moins de bruit, pour une autonomie de quelque 5.500 kilomètres.

Ces innovations ont déjà convaincu 14 clients, qui représentent 382 commandes, dont 180 fermes. L'objectif du groupe canadien est d'atteindre 300 ventes confirmées et 20 clients d'ici la mise en marché.

En tout, 3.000 employés sont affectés à la production des appareils, au Canada, mais aussi en Irlande, en Chine et en Italie. Au rythme actuel, "une quinzaine" d'avions seront livrés en 2014, puis entre 20 et 30 en 2015, a précisé M. Arcamone.

Jusqu'à présent, la capacité maximale offerte par un avion Bombardier était de 99 places, avec la série d'avions régionaux CRJ NextGen.

En portant le nombre de sièges du CS300 à 160, la société québécoise change de braquet mais cela répond avant tout à une "demande des clients", en particulier les transporteurs à bas coûts, a expliqué M. Arcamone, soulignant que le "marché cible" restait la version de 149 passagers.

Les investisseurs semblent avoir réagi avec prudence: le titre de Bombardier a reculé de 0,74% à 4,03 dollars à la Bourse de Toronto.

Ces annonces ont en revanche levé les doutes quant à la capacité du groupe aéronautique de respecter son échéancier. Elles "devraient convaincre (les investisseurs) que le premier vol aura bien lieu comme prévu en juin", ont écrit dans une note les analystes de PI Financial.

Avec l'extension à 160 places, "nous ne nous attendons pas à voir la société proposer une plus grande cabine", ont-ils ajouté.

Interrogé sur une telle éventualité, Mike Arcamone a éludé, disant qu'avant tout il fallait réussir le lancement de la nouvelle gamme.

sab/via/are

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