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A Almaty, les Occidentaux n'ont pas donné de "gages" à l'Iran (Khamenei)

07/03/2013 08:31 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

Les Occidentaux n'ont pas donné de "gages" à l'Iran lors des négociations d'Almaty sur son programme nucléaire controversé et n'ont fait que "reconnaître une partie des droits de l'Iran", a affirmé jeudi le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

"Lors de la rencontre (d'Almaty, les 26 et 27 février), les Occidentaux n'ont rien fait de très important qu'on puisse qualifier de gages. Ils n'ont fait que reconnaître une partie des droits de l'Iran" en matière nucléaire, a-t-il dit lors d'un discours, selon son site (www.Khamenei.ir).

La prochaine rencontre, les 5 et 6 avril à Almaty, permettra d'"évaluer la sincérité des Occidentaux", a souligné l'ayatollah Khamenei, premier personnage du pays et qui a la haute main sur le dossier nucléaire.

Dans son allocution, le Guide a également dénoncé les sanctions internationales qui visent l'Iran, destinées selon lui à "pousser la population à s'opposer au régime islamique".

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir mettre au point une bombe atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que Téhéran nie farouchement. La République islamique est sous le coup d'une série de sanctions de l'ONU, renforcées unilatéralement par un embargo bancaire et pétrolier de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Les négociations sur le programme controversé iranien avec les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) ont repris fin février après huit mois de suspension.

A Almaty, le 5+1 a présenté une "offre révisée" n'exigeant plus "l'arrêt" mais seulement la "suspension" des activités d'enrichissement d'uranium à 20%, la limitation du stock actuel d'uranium à 20% détenu par l'Iran et la suspension des activités du site d'enrichissement de Fordo, enfoui sous une montagne et difficile à détruire par une action militaire. En échange, certaines sanctions, sur le commerce de l'or et le secteur pétrochimique, seraient atténuées.

L'Iran a estimé qu'il s'agissait d'un "tournant" dans les négociations mais exige la levée de sanctions plus importantes pour faciliter un accord. Téhéran refuse également de fermer Fordo, insistant pour que son "droit" à l'enrichissement d'uranium soit reconnu par la communauté internationale, tout en laissant la porte ouverte à une suspension de l'enrichissement à 20%.

"Les nouvelles propositions se sont rapprochées des propositions de la République islamique (...) mais leurs dimensions ne sont pas encore très claires", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, cité jeudi par l'agence Isna. Il a ajouté que l'Iran attendait "plus de bonne volonté et plus de souplesse" de la part des Occidentaux début avril à Almaty.

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