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É.-U.: le contrôle des armes est de nouveau au menu législatif fédéral

07/03/2013 11:39 EST | Actualisé 07/05/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Un comité du Sénat américain a approuvé jeudi un loi faisant du trafic d'armes à feu un crime fédéral, alors que les législateurs participaient aux premiers votes visant à lutter contre ces armes depuis la fusillade survenue en décembre dans une école du Connecticut, qui a causé la mort de 20 enfants.

Ledit comité débattait également de projets de lois interdisant les armes d'assaut et les magazines de plus de 10 balles, l'imposition de procédures de vérification d'antécédents pour pratiquement toutes les ventes d'armes, ainsi qu'un financement accru pour que des écoles puissent se procurer des caméras vidéo et d'autres équipements de sécurité.

Pratiquement toutes les mesures proposées, à l'exception des procédures de vérification, risquent de traverser difficilement l'étape du Congrès, où elles devront affronter l'opposition de plusieurs républicains, et du puissant lobby des armes de la National Rifle Association.

Les quatre mesures devraient être adoptées par le comité, mais leur destin est moins certain lorsqu'elles devront être examinées par l'ensemble du Sénat, sans doute en avril. La disposition sur le trafic d'armes aurait les meilleures chances, tandis que l'interdiction sur les armes d'assaut serait la plus à risque de mordre la poussière.

Les partisans du contrôle des armes à feu affirment que le Sénat devra approuver la loi avec un fort soutien bipartisan pour augmenter les chances d'adoption au sein de la Chambre des représentants, dominée par les républicains. Les leaders républicains ont laissé entendre qu'ils n'agiraient pas avant que le Sénat ne présente un projet de loi.

En vertu de la loi sur le trafic des armes, des peines allant jusqu'à 25 ans de prison seraient imposées aux gens achetant légalement des armes mais les donnant ensuite à d'autres qui les utilisent pour commettre des crimes.

Accroître la portée des mesures de vérification est la pierre d'assise, et la mesure la plus populaire des tentatives du président Barack Obama de combattre les violences liées aux armes à feu. Actuellement, les antécédents ne sont examinés que pour les ventes effectuées par les 55 000 détaillants autorisés par l'État fédéral, et non pas pour les ventes entre individus, comme lors d'une foire ou en ligne.

Un coup de sonde Associated Press-GfK effectué en janvier suggère que 84 pour cent des Américains appuient les vérifications d'antécédents dans les foires. D'autres mesures de contrôle des armes n'obtiennent la faveur que de la moitié du public.

Selon les démocrates, les documents portant sur les vérifications d'antécédents, qu'ils soient détenus par des individus, les manufacturiers ou une autre entité, sont la seule façon de s'assurer que ces vérifications sont effectuées dans le cadre de ventes privées. Certains républicains affirment que de telles informations permettraient de créer un registre fédéral des propriétaires d'armes à feu — quelque chose qui est désormais illégal et, a déclaré la Maison-Blanche, qui n'arrivera jamais.

Soulignant davantage la division de l'opinion publique aux États-Unis sur la question du contrôle des armes à feu, des législateurs de la Géorgie ont voté jeudi pour relâcher les normes encadrant l'obtention de permis de port d'armes pour les gens souffrant de maladie mentale.

Cet État pourrait également changer ses lois pour permettre à ses citoyens de porter des armes dans les églises, les bars et les campus universitaires, contrairement à ce qui est en vigueur ailleurs dans le pays.

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