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Venezuela : deuil et incertitude après la mort de Chavez

06/03/2013 01:23 EST | Actualisé 05/05/2013 05:12 EDT

Au lendemain de l'annonce de la mort de leur président, les Vénézuéliens se sont réveillés en contemplant un avenir incertain mercredi, tandis que des foules se sont ruées vers les supermarchés et les stations-service pour s'approvisionner et que des déclarations officielles se mêlaient aux slogans anti-américains dans les rues.

Le corps d'Hugo Chavez a été transporté de l'hôpital où il est décédé vers une académie militaire où il reposera jusqu'à ses funérailles nationales vendredi, un événement auquel devraient participer les dirigeants de nombreux pays sud-américains ainsi que ceux sympathiques à la cause du Venezuela. Les présidents de l'Argentine, de l'Uruguay et de la Bolivie sont d'ailleurs déjà arrivés sur place.

Même après sa mort, les ordres de M. Chavez continuent à être respectés. L'homme qu'il avait désigné comme étant son dauphin, le vice-président Nicolas Maduro, continuera à diriger le Venezuela à titre de président intérimaire et sera le candidat des socialistes au pouvoir lors de l'élection qui sera organisée d'ici 30 jours.

Dans un message publié sur Twitter en fin de soirée mardi, la télévision d'État vénézuélienne a indiqué que l'amiral en chef des forces armées et ministre de la Défense Diego Molero avait donné son appui à M. Maduro contre l'éventuel candidat de l'opposition Henrique Capriles, en dépit du mandat constitutionnel empêchant les forces armées de s'ingérer dans la vie politique du pays.

Les rues de Caracas étaient désertes mercredi matin, puisque les employés de l'État, les écoliers et des milliers d'autres personnes sont demeurés chez elles pour la première journée de deuil national. Les seules files d'attente ont été observées aux stations-service, où les Vénézuéliens pouvaient remplir leur réservoir pour seulement quelques cents le gallon d'essence grâce aux généreuses subventions du gouvernement.

Pour les partisans de M. Chavez qui ont campé devant l'hôpital où l'ancien chef des paramilitaires colombiens est décédé, mercredi était la première journée complète sans celui que plusieurs ont considéré comme un père, un émule du libérateur de l'Amérique latine au XIXe siècle Simon Bolivar. D'autres considèrent sa mort comme une occasion pour le Venezuela de tourner la page et de mettre un terme à ses politiques socialistes.

Incertitude

Qu'on soit d'un côté ou de l'autre, cette journée s'est déroulée sous le signe de l'incertitude.

La veille, le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua, avait confirmé le décès de M. Chavez, quelques heures seulement après que M. Maduro, le visage couvert de larmes, soit apparu à la télévision pour annoncer la mort de celui qui gouvernait le Venezuela d'une main de fer depuis plus de 14 ans.

La date du scrutin présidentiel demeure elle aussi incertaine.

M. Chavez aura droit à des adieux élaborés. Sept jours de deuil national ont été annoncés, toutes les écoles ont été fermées pour le restant de la semaine et de nombreux chefs d'État sont attendus aux funérailles grandioses qui se dérouleront vendredi.

La Constitution vénézuélienne prévoit que le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, assume la présidence par intérim si aucun président ne peut être assermenté. Toutefois, les hommes à qui M. Chavez a confié le pouvoir avant de se rendre de nouveau à Cuba en décembre pour une quatrième intervention chirurgicale en moins de deux ans n'ont pas témoigné jusqu'à présent d'un grand respect envers la Constitution, et ceux qui militent en faveur de la liberté d'expression et des droits de la personne craignent qu'ils ne continuent à faire fi de la loi.

Certains Vénézuéliens affolés sont rentrés chez eux à toute vitesse à l'annonce du décès de M. Chavez, après avoir fait le plein de provisions.

M. Maduro et M. Capriles ont tous deux lancé des appels au calme. La puissante armée vénézuélienne rapportait, tard mardi, que tout semblait calme à travers le pays. On dénombre néanmoins quelques incidents de violence, notamment des manifestants étudiants qui ont été attaqués par des hommes armés devant la Cour suprême et une journaliste de la télévision qui a été rudoyée devant l'hôpital où M. Chavez était hospitalisé.

Associated Press

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