NOUVELLES

Vatican : les cardinaux se préparent au conclave 

06/03/2013 09:00 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

Réunis en « congrégation générale » mercredi, les cardinaux veulent prendre le temps de déterminer et d'analyser les problèmes de l'Église et de son gouvernement, la curie romaine, avant d'entrer au Conclave. Ainsi, la date du début du Conclave demeure indéterminée. Les cardinaux attendent d'ailleurs toujours deux des leurs, alors que 113 d'entre eux sont arrivés à Rome en prévision de l'élection du successeur de Benoît XVI.

Les deux retardataires sont un cardinal vietnamien, qui doit arriver jeudi, et un cardinal polonais, attendu au cours de la journée. « Les espérances et les attentes sur le profil d'un prochain pape » ont commencé à s'exprimer, a déclaré le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi.

« Le successeur devra prendre les choses de l'Église en main, avec une volonté de gouverner, de mettre de l'ordre, de continuer la purification que Benoît XVI a commencée sérieusement », a ajouté le cardinal canadien Marc Ouellet. Ce dernier a dirigé la congrégation des évêques pour écarter les moins compétents.

M. Ouellet précise toutefois qu'il s'agit d'une tâche difficile en raison de la complexité de la curie romaine : « on peut dire : "cette personne devrait être déplacée", mais où est-ce que vous la mettez ensuite, il faut bien y penser et à deux fois, c'est très difficile ». Son collègue allemand, Walter Kasper, abonde en ce sens : « Nous avons besoin d'une nouvelle façon de gouverner l'Église, un gouvernement plus horizontal. La Curie doit être révolutionnée », a-t-il déclaré au journal La Repubblica, en ajoutant qu'il fallait prendre « le temps d'une longue réflexion ».

De l'importance de l'état des lieux

Les cardinaux américains tiennent également à prendre le temps d'affronter les problèmes internes, mais ils insistent sur le fait que ces problèmes dépassent largement les frontières du Vatican et le scandale du Vatileaks.

Le cardinal égyptien Antonios Naguib estime de son côté que le prochain pape pourrait ne pas être européen. « L'essentiel est qu'il soit pieux et saint, qu'il connaisse la doctrine, mais aussi qu'il sache gérer les relations internationales », a-t-il déclaré, rejoignant ainsi la position du cardinal montréalais Jean-Claude Turcotte, qui s'est exprimé sur le sujet avant son départ de la métropole québécoise la semaine dernière.

La date du Conclave doit être décidée à la majorité absolue des 115 cardinaux électeurs, dont 2 sont toujours absents. Ce conclave sera le premier pour 69 de ces cardinaux électeurs dont certains en connaissent mal les rouages. Et, pour la première fois depuis le concile de Vatican II (1962-1965), aucun des cardinaux électeurs n'aura vécu cet exercice de réforme de l'Église catholique.

Comment se déroule l'élection d'un pape? Cliquez sur notre illustration

PLUS:rc