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Un tribunal égyptien suspend les élections parlementaires prévues en avril

06/03/2013 09:58 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Un tribunal égyptien a ordonné mercredi la suspension des élections parlementaires qui devaient commencer en avril, ouvrant la voie à une nouvelle bataille juridique qui risque d'aggraver la crise politique entre le président islamiste et ses opposants.

La nouvelle confusion entourant les élections illustre la paralysie qui s'est emparée de l'Égypte depuis des mois, entre l'impasse politique, les conflits internes entre les institutions de l'État, la détérioration de la situation économique et une vague de grèves et de manifestations contre le président Mohamed Morsi et les Frères musulmans.

À Port Saïd, au nord du canal de Suez, des violences ont de nouveau opposé la police aux manifestants pour le quatrième jour consécutif. Des manifestants ont lancé des pierres sur les policiers qui tiraient des gaz lacrymogènes, tandis que des militaires peinaient à séparer les deux camps. Les violences à Port Saïd ont fait au mois six morts depuis dimanche.

Les partisans islamistes du président et une certaine partie de la population exaspérée par les troubles voyaient les élections parlementaires comme une étape vers le retour de la stabilité, accusant l'opposition d'alimenter l'agitation pour faire dérailler le scrutin.

Mais l'opposition libérale et laïque avait appelé au boycottage du vote, estimant que le président devait d'abord trouver une forme de consensus politique et apaiser la colère populaire. Avec ou sans boycottage de l'opposition, les islamistes vont probablement remporter une majorité parlementaire.

Le jugement annoncé mercredi risque d'aggraver les tensions en portant la dispute devant le système judiciaire, qui a souvent été utilisé par les différentes parties des luttes politiques en Égypte.

Le tribunal administratif du Caire a jugé que l'ancienne législature à majorité islamiste avait adopté une nouvelle loi électorale à la hâte, sans permettre à la Cour suprême de la réviser pour s'assurer qu'elle soit conforme à la Constitution. Le tribunal a ordonné que la loi électorale soit transmise à la Cour suprême et que les élections soient suspendues d'ici là. La cour a également annulé un décret du président annonçant le scrutin.

Les opposants de Mohamed Morsi ont estimé que le jugement était une preuve supplémentaire de leurs allégations selon lesquelles le président et les Frères musulmans gèrent mal le pays et tentent de dominer le pouvoir sans chercher de consensus avec les autres ni à se conformer à la loi.

«La pagaille continue à cause des défaillances de gouvernance», a déclaré l'un des leaders de l'opposition, Mohamed El Baradei, sur son compte Twitter. Il a ajouté que le fait d'ignorer la primauté du droit était «une caractéristique d'un État fasciste».

Le conseiller juridique du président, Mohammed Fouad Gadallah, a déclaré à l'Associated Press que le gouvernement respecterait la décision de suspendre les élections et de transmettre la loi électorale à la Cour suprême.

M. Gadallah a cependant indiqué que le gouvernement ferait appel de la décision du tribunal administratif.

Les élections parlementaires en plusieurs phases devaient commencer le 22 avril et durer près de deux mois.

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