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Plan de sauvetage: toucher aux dépôts bancaires serait "catastrophique" (Chypre)

06/03/2013 11:10 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

Le ministre chypriote des Finances, Michalis Sarris, a affirmé mercredi que faire subir des pertes aux déposants privés, dans le cadre du plan de sauvetage de l'île au bord de la faillite, serait catastrophique pour Chypre, mais aussi pour l'ensemble de la zone euro.

Certains membres de la zone euro souhaiteraient qu'en contre-partie de l'aide accordée à Chypre, les créanciers du pays et les déposants dans les banques chypriotes subissent des pertes, comme ce fut le cas pour la Grèce.

"Nous avons répété dans les termes les plus forts que cette question n'était pas sur la table", a affirmé M. Sarris à des journalistes à Nicosie, en évoquant la réunion de l'Eurogroupe lundi à Bruxelles.

"Cela serait désastreux pour Chypre et pour la zone euro, et je pense que ce message commence à être entendu par ceux qui ont pu imaginer que c'était une possibilité".

Une délégation de la troïka -- Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international -- à laquelle Chypre a demandé une aide financière, se trouve actuellement sur l'île.

Elle doit discuter avec les autorités des mesures devant être prises en contrepartie du plan de sauvetage, que Nicosie comme la zone euro espèrent conclure fin mars.

Une équipe de technocrates est par ailleurs venue vérifier les actifs, projets et comptes des entreprises semi-publiques (électricité, télécoms, etc.). Dans le cadre du plan de sauvetage, l'Etat pourrait en effet être contraint de privatiser certaines entreprises.

Chypre a besoin de quelque 17 milliards d'euros, l'équivalent de son PIB.

Le nouveau ministre chypriote des Affaires étrangères, Ioannis Kasoulides, a souhaité mercredi à Athènes un accord rapide avec la zone euro pour "rétablir la réputation détruite" de son pays.

"La crise et l'incertitude ont duré trop longtemps, chaque jour qui passe crée d'autres retombées", a-t-il relevé, mettant notamment en cause la "destruction de la bonne image de Chypre" par des articles de presse l'accusant de tolérer le blanchiment d'argent.

La zone euro s'est montrée lundi décidée à mettre sur pied d'ici fin mars un plan d'aide pour Chypre, après que le pays, qui vient d'élire un président de droite, a montré des signes de bonne volonté en acceptant de se soumettre à un audit sur le blanchiment mené par un cabinet indépendant.

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