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Les électeurs kényans appelés à la patience face au retard dans le décompte

06/03/2013 07:11 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - La commission électorale kényane a pris la responsabilité, mercredi, des défaillances du système de vote électronique qui ont plongé le pays dans l'incertitude, tandis que le candidat qui semble en tête de la présidentielle a accusé le haut commissaire britannique d'ingérence dans le scrutin.

La commission électorale a déclaré que les résultats complets de l'élection présidentielle de lundi devraient être publiés vendredi. Des responsables ont commencé mercredi à transporter les bulletins de vote vers la capitale pour entamer un décompte manuel.

Il s'agit des premières élections nationales au Kenya depuis le scrutin de 2007, qui avait provoqué des violences interethniques ayant fait plus de 1000 morts.

La coalition du vice-premier ministre Uhuru Kenyatta, qui fait face à des accusations de la Cour pénale internationale (CPI), a accusé le haut commissaire britannique d'«implication suspecte» dans la décision de la commission électorale de tenir compte des bulletins de vote rejetés dans le décompte total des voix.

Le parti de M. Kenyatta a également demandé au haut commissaire britannique, Christian Turner, d'expliquer ce qu'il a qualifié de «renforcement soudain du personnel militaire britannique» au Kenya. Des soldats britanniques ont participé à une formation de six semaines près du mont Kenya avant d'être déployés en Afghanistan. Un nouveau bataillon est arrivé au Kenya la semaine dernière.

Le Foreign Office britannique a déclaré que les allégations d'interférence étaient «totalement fausses et trompeuses», précisant que les soldats britanniques présents au Kenya participaient à un programme d'entraînement planifié il y a neuf mois, un programme «qui n'a absolument aucun lien avec les élections kényanes».

Le Foreign Office a déclaré qu'il n'avait aucune position particulière sur les bulletins de vote rejetés et que la décision revenait à la commission électorale.

Les Kényans sont de plus en plus frustrés par le retard dans l'annonce des résultats. À cause de la défaillance du système de vote électronique, moins de la moitié des résultats préliminaires ont été divulgués jusqu'à maintenant. Les autorités, qui ont déployé des mesures énergiques pour que les violences électorales ne se répètent pas cette année, ont appelé la population à la patience.

«Le délai donne lieu à des théories conspirationnistes. Les gens paniquent à cause du délai dans la publication des résultats. Mais contrairement aux précédentes élections, il y a une certaine retenue», a déclaré Kevin Muriunge, un étudiant âgé de 25 ans.

Signe des tensions, des jeunes de Garissa, près de la frontière somalienne, se sont rassemblés devant un bureau de vote de la ville et ont provoqué une émeute, poussant la police à ouvrir le feu. Un adolescent a été tué, selon un médecin de l'hôpital de Garissa, Musa Mohamed.

Lors d'une conférence de presse organisée en soirée, le président de la commission électorale, Ahmed Issack Hassan, a assuré que les résultats officiels refléteraient tous les votes exprimés lors du scrutin. Il a pressé les candidats qui auraient des plaintes à formuler de s'adresser aux tribunaux.

Uhuru Kenyatta et le premier ministre Raila Odinga sont les deux principaux candidats de la présidentielle. Si aucun candidat n'obtient plus de 50 pour cent des voix au premier tour, un deuxième tour sera organisé pour départager les deux candidats arrivés en tête.

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