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Le taux directeur reste à 1 % au pays

06/03/2013 08:44 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

Sans surprise, la Banque du Canada maintient son taux directeur inchangé comme c'est le cas depuis septembre 2010. Il reste à 1 %.

La banque centrale précise que les perspectives mondiales sont conformes à ses prévisions de janvier avec une reprise aux États-Unis, la récession en Europe et une croissance raffermie en Chine. Dans ce contexte, l'institution « prévoit que la croissance au Canada se redressera au cours de 2013, alimentée par une hausse modeste des dépenses des ménages conjuguée à une reprise des exportations et à la croissance solide des investissements des entreprises. »

Vers un changement de cap?

La Banque du Canada laisse de moins en moins planer une éventuelle hausse de ses taux d'intérêt, qui était justifiée dans les mois passés par l'espoir d'une reprise de l'économie et par le redressement du marché de l'emploi.

La croissance s'est révélée moins forte que prévu à la fin de 2012. Au quatrième trimestre, le produit intérieur brut n'a grimpé que de 0,6 %, alors que la banque centrale tablait sur une progression de 1 %. Plusieurs économistes ont également abaissé leurs prévisions de croissance pour 2013.

Les facteurs de risque à l'échelle mondiale se sont également multipliés. Les compressions budgétaires aux États-Unis menacent de freiner la croissance du principal partenaire commercial du Canada tandis que la récession s'aggrave en Europe. Le produit intérieur brut de la zone euro s'est contracté de 0,6 % au quatrième trimestre de 2012.

L'affaiblissement de l'économie mondiale incite déjà plusieurs banques centrales du monde à adopter une politique monétaire accommodante. La Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ont récemment multiplié les mesures de soutien de l'économie. La Banque centrale européenne va jusqu'à envisager d'abaisser de nouveau son taux directeur.

Dans ce contexte, certains se demandent si la Banque du Canada pourrait être incitée à changer de discours éventuellement. Les économistes de Desjardins jugent qu'un assouplissement monétaire est improbable pour l'instant, mais ils estiment que « les investisseurs devraient tabler en premier lieu sur la possibilité d'autres changements au discours de la Banque du Canada ».

Dans son communiqué de mercredi, la Banque du Canada précise que le statu quo quant au taux directeur sera « probablement approprié pendant un certain temps » après quoi il « sera probablement nécessaire » de procéder à une hausse de son principal taux directeur.

Pour l'économiste en chef Douglas Porter de la BMO, le message de la banque centrale est clair: « oublier une éventuelle baisse des taux ». Il précise que l'échéance d'une hausse est une fois de plus repoussée, au moins jusqu'à la mi-2014.

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