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Le sénateur Boisvenu et son adjointe/conjointe: admission et confusion

06/03/2013 11:05 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Dans une comédie d'erreurs digne d'un Molière, le gouvernement conservateur a passé la journée de mercredi à tenter de balayer l'affaire Boisvenu sous le tapis, posant quelques gestes en cours de route qui confirment qu'il y a bien eu faute.

Deux sénateurs conservateurs ont annoncé que l'adjointe de leur collègue Pierre-Hugues Boisvenu ne travaillait plus à son bureau. Un troisième a assuré que c'est plutôt le lien amoureux qui était brisé et non pas le lien d'emploi. Pendant ce temps, le bureau de la leader du gouvernement au Sénat, responsable de régler cette affaire, restait officiellement silencieux.

Le tout, en fin de journée, demeurait confus. Une seule chose étant sûre: la relation entre le sénateur Boisvenu et Isabelle Lapointe contrevenait suffisamment aux règlements pour que le gouvernement y cherche une solution.

Samedi, La Presse a révélé que le sénateur entretenait une relation amoureuse avec son adjointe. Or, une des règles du Sénat interdit de faire travailler un conjoint.

«Les sénateurs ne peuvent pas embaucher parmi leur personnel un membre de la famille ou un membre du ménage», peut-on lire dans un guide sénatorial. Le guide définit comme membre du ménage «quiconque habite effectivement ou habituellement dans la résidence du sénateur».

Si Mme Lapointe et M. Boisvenu ont été vus ensemble depuis environ un an à l'épicerie et en voiture, et s'ils ont également effectué des voyages ensemble, on ne sait rien de plus sur leurs arrangements de vie.

Mais mercredi après-midi, le sénateur Jacques Demers racontait aux journalistes que le sénateur Boisvenu, le matin même, avait admis à ses collègues la relation.

«Les gens comprennent les situations difficiles et (...) les passages où, un peu plus, la personne est entre deux, entre deux résidences, entre deux couples», offrait comme excuse le sénateur Claude Carignan à la porte de la salle de réunion du caucus conservateur.

Pour ce qui est de la relation entre M. Boisvenu et son adjointe, «c'est terminé à ce que j'en sais», a lancé le sénateur Carignan avant de s'engouffrer dans la salle dont l'accès est réservé aux élus et sénateurs conservateurs.

Impossible de savoir alors si c'est la relation amoureuse ou la relation de travail qui était terminée.

Au bureau du sénateur Boisvenu, mercredi après-midi, c'était encore la voix de Mme Lapointe qu'on entendait sur le répondeur. Mais ni le sénateur ni son adjointe ne retournent les appels des journalistes.

«Je sais que Mme Lapointe ne travaille plus à son bureau», a assuré un autre sénateur conservateur, Jean-Guy Dagenais, quelques heures après le commentaire de son collègue Carignan.

Celui qui partage toutes les tribunes du gouvernement avec le sénateur Boisvenu quand il s'agit de parler de loi et d'ordre reprenait aussi avec vigueur la défense de son collègue.

«Je ne pense pas que ça lui enlève aucune crédibilité parce que cette personne-là défend les victimes d'actes criminels et je ne considère pas que c'est un acte criminel d'engager quelqu'un qui peut être proche de nous», a insisté M. Dagenais.

Mais pendant que lui et le sénateur Demers annonçaient que Mme Lapointe était partie travailler ailleurs au Sénat, le sénateur Carignan, lui, se lançait sur Twitter pour les contredire.

«C'est la relation amoureuse qui est terminée...pas le lien d'emploi», a-t-il écrit en milieu d'après-midi.

Une heure plus tard, le sénateur Dagenais se sauvait des journalistes. «Je ne fais plus de commentaires», a-t-il lancé en arrivant à une réunion de comité sénatorial où son collègue Boisvenu brillait par son absence.

La seule déclaration officielle de la leader du gouvernement au Sénat, Marjory LeBreton, remonte à un courriel distribué tard mardi soir.

«Nous sommes engagés à nous assurer que les dépenses sont appropriées, que les règles sont appropriées et que ceci est rapporté au public», peut-on lire dans le courriel.

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