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La Banque du Canada maintiendra les taux à leur faible niveau un certain temps

06/03/2013 10:01 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

OTTAWA - La Banque du Canada a semblé moins s'inquiéter du niveau d'endettement insoutenable des ménages canadiens et a affirmé mercredi qu'il était approprié de garder les coûts de l'emprunt près de leur plus faible niveau historique.

Comme prévu, la banque centrale a maintenu son taux de financement à un jour inchangé à un pour cent, là où il se trouve depuis environ deux ans et demi.

Mais pour la troisième fois de suite, le conseil de direction de la banque a atténué le ton de ses perspectives d'avenir au sujet d'une éventuelle hausse des taux, laissant plutôt entendre qu'elle croyait que leur niveau actuel serait maintenu plus longtemps qu'elle ne l'avait d'abord cru.

Le communiqué émis par la Banque du Canada a même évoqué une «évolution plus constructive» des finances des ménages canadiens.

«Comme l’économie canadienne continue d’afficher des capacités inutilisées, que les perspectives en matière d’inflation sont modérées et que l’évolution des déséquilibres dans le secteur des ménages est plus constructive, la détente monétaire considérable en place actuellement demeurera probablement appropriée pendant un certain temps», a affirmé la banque.

Il s'agit d'un changement subtil par rapport aux prévisions émises en janvier, alors que la banque estimait qu'«une réduction modeste de la détente monétaire sera probablement nécessaire au fil du temps». Cette phrase n'est pas complètement abandonnée dans la plus récente déclaration de la banque centrale, mais son emplacement lui confère une importance secondaire par rapport à l'idée principale voulant que ce ne soit pas le moment de resserrer la politique monétaire.

Certains économistes s'attendaient à ce que la Banque du Canada abandonne complètement son idée de resserrement, mais son communiqué n'est pas allé aussi loin. La banque n'était pas prête non plus à diminuer ses projections de croissance pour cette année et la prochaine, comme certains l'avaient prédit.

Les prévisions avancées par la banque en janvier, que plusieurs économistes jugent trop optimistes, misent sur une croissance du produit intérieur brut de deux pour cent cette année et de 2,7 pour cent en 2014.

La plupart des spécialistes considèrent plutôt que la croissance sera bien inférieure à deux pour cent en 2013, et le ministre des Finances, Jim Flaherty, va vraisemblablement davantage tenir compte de ces dernières prévisions lorsqu'il rencontrera quelques économistes, vendredi, pour discuter de la préparation de son prochain budget printanier.

Dans sa déclaration d'une page de mercredi, le conseil de direction de la banque reconnaît à peine qu'il n'avait pas anticipé la faiblesse de la deuxième moitié de 2012, période pendant laquelle la croissance ne s'est établie qu'à 0,7 pour cent.

La banque met plutôt l'accent sur «la progression robuste de la plupart des composantes intérieures du PIB» dans les derniers mois de l'année, puis attribue la faiblesse d'ensemble à un ralentissement marqué des investissements en stocks.

«La Banque prévoit que la croissance au Canada se redressera au cours de 2013, alimentée par une hausse modeste des dépenses des ménages conjuguée à une reprise des exportations et à la croissance solide des investissements des entreprises.»

En outre, elle note que l'investissement résidentiel — une importante source d'endettement pour les ménages — devrait s'éloigner de ses sommets historiques.

«La Banque s’attend à ce que le taux d’accroissement tendanciel des crédits aux ménages fléchisse encore, le ratio de la dette au revenu se stabilisant près des niveaux actuels.»

C'est le commentaire le plus optimiste que la banque centrale a émis au sujet des finances des ménages depuis plusieurs années.

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