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Keystone XL : des politiciens canadiens vantent les efforts environnementaux aux É.-U.

06/03/2013 10:26 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

Le ministre fédéral des ressources naturelles Joe Oliver, en visite aux États-Unis pour soutenir le pipeline Keystone XL, a vanté le projet comme une source d'énergie responsable mardi.

Il a fait valoir devant le Global Business Council de Chicago que le Canada sera bientôt l'un des seuls pays producteurs de pétrole à imposer des mesures contraignantes pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans son secteur pétrolier et gazier.

Peu avant, son collègue de l'Environnement, Peter Kent, avait annoncé devant un comité parlementaire à Ottawa qu'une réglementation fédérale était attendue d'ici le milieu de 2013. La nouvelle réglementation, en cours d'élaboration depuis l'automne 2011, vise à réduire les émissions de GES dans ce secteur, afin de permettre au pays de respecter, d'ici 2020, sa cible de réduction de 17 % par rapport à 2005.

Toutefois, des environnementalistes soulignent que rien ne transpire sur le contenu de la réglementation. « Ça fait longtemps qu'on attend cette annonce. C'est déjà ce qu'ils ont dit en 2011 et il n'y a pas d'annonce ni de détails », a notamment fait valoir la directrice des politiques fédérales à l'institut Pembina, Clare Demerse.

Le ministre Oliver n'est pas le seul à tenter de séduire les Américains. Le premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall a commencé une visite de quatre jours à Washington, où il rencontrera plusieurs hauts responsables américains, incluant Kerri-Ann Jones, une secrétaire d'État adjointe aux affaires étrangères environnementales.

En plus de faire pression pour le pipeline, M. Wall vantera aussi ses initiatives vertes provinciales, surtout son investissement de 1,4 milliard de dollars dans un projet de mine de charbon propre à Estevan.

Même s'il est brandi par les politiciens canadiens, l'argument environnemental ne sera pas si déterminant dans le débat entourant le projet de la pétrolière TransCanada d'étendre son pipeline Keystone, croit le professeur Bob Schulz, de l'École des affaires Haskayne de l'Université de Calgary. Celui-ci estime que la mort du président du Venezuela, un des fournisseurs de pétrole des États-Unis, rendra le pétrole canadien plus attrayant.

TransCanada, établie à Calgary, travaille depuis 2008 à convaincre le gouvernement américain d'approuver son projet Keystone XL. Le pipeline, évalué à sept milliards de dollars, transporterait du pétrole brut tiré des sables bitumineux de l'Alberta vers le golfe du Mexique, en passant par le centre des États-Unis.

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