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Egypte: la justice administrative ordonne l'annulation des législatives

06/03/2013 09:31 EST | Actualisé 06/05/2013 05:12 EDT

La justice administrative égyptienne a ordonné mercredi l'annulation des élections législatives controversées prévues à partir du 22 avril, mettant le pouvoir islamiste dans l'embarras.

Le président Mohamed Morsi a convoqué ces élections le mois dernier par décret, mais le tribunal administratif du Caire a jugé que la Constitution, d'après laquelle la loi électorale doit être définitivement approuvée par la Haute cour constitutionnelle (HCC) avant d'être ratifiée, n'avait pas été respectée.

Le tribunal a donc décidé d'annuler le décret de M. Morsi et d'arrêter le scrutin, que l'opposition avait prévu de boycotter, ainsi que de renvoyer la loi électorale devant la HCC pour examen.

Le Sénat, qui assume le pouvoir législatif en attendant l'élection d'une nouvelle Assemblée, avait envoyé le projet de loi électorale devant la HCC, qui avait rejeté plusieurs de ses articles.

Le Sénat avait dit avoir procédé à des amendements mais sans renvoyer la loi de nouveau devant la Haute cour pour un avis définitif, et le président Morsi a publié son décret sans attendre.

Les législatives devaient commencer le 22 avril et s'étaler sur deux mois, mais plusieurs opposants avaient déjà mis en cause leur transparence et le moment choisi pour les organiser, estimant que le pays était trop divisé pour qu'elles se tiennent dans le calme.

Ainsi, la principale coalition de l'opposition, le Front du salut national (FSN), avait annoncé qu'elle allait boycotter les législatives en raison notamment du manque de garanties pour leur transparence.

Le coordinateur du FSN, le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, avait appelé au boycott en dénonçant une "supercherie" et en laissant entendre que le scrutin pourrait être truqué comme cela avait été le cas en 2010, sous le règne du président Hosni Moubarak.

La décision du tribunal met M. Morsi dans une situation difficile.

Le président a à plusieurs reprises affirmé que des élections mettraient le pays sur le chemin de la stabilité, écartant les critiques sur le moment choisi pour les organiser.

Les Frères musulmans et les salafistes dominaient la précédente Assemblée élue à l'hiver 2011/2012 et dissoute, en juin 2012, après une décision de la plus haute juridiction d'Egypte jugeant la loi électorale anticonstitutionnelle.

Le FSN, qui n'existe que depuis novembre, a organisé des manifestations de masse contre M. Morsi en novembre et décembre pour dénoncer les pouvoirs exceptionnels qu'il s'était arrogés --auxquels il a finalement renoncé-- et pour contester une Constitution rédigée par une commission dominée par les islamistes.

str-iba/feb

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