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Tunisie: M. Larayedh "ne sait pas" quand le gouvernement sera formé

05/03/2013 01:51 EST | Actualisé 05/05/2013 05:12 EDT

L'islamiste Ali Larayedh, qui a été chargé de former le nouveau gouvernement tunisien, a indiqué mardi, à l'approche de la date limite, ne pas savoir quand il pourra annoncer la composition du nouveau cabinet censé être à même de sortir le pays d'une profonde crise politique.

"Je ne sais pas, bientôt si Dieu le veut", a laconiquement déclaré le ministre de l'Intérieur sortant à l'antenne de la radio Shems-FM qui l'interrogeait sur la date de la formation du gouvernement.

Il a par ailleurs souligné que les listes de ministres relayées dans les médias n'étaient "pas fiables".

M. Larayedh, nommé le 22 février, doit présenter son cabinet au président Moncef Marouzki avant samedi, faute de quoi une nouvelle personnalité sera désignée pour tenter de former une équipe gouvernementale.

Ennahda, le parti islamiste de M. Larayedh, a multiplié les annonces sur la date de la formation du gouvernement sans qu'elles soient respectées. Signe des difficultés des pourparlers, l'un des quatre autres partis qui pourraient rejoindre le gouvernement a quitté mardi un nouveau cycle de négociations.

"Nous avons quitté les négociations car on n'y a pas déterminé le programme du gouvernement et qu'on continue de négocier sur (la répartition) des portefeuilles", a déclaré Slim Boukhdhir, porte-parole du mouvement Wafa, à la radio Mosaïque FM.

Il n'a cependant pas précisé si son parti quittait définitivement les pourparlers.

Le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC) Mustapha Ben Jaafar a pour sa part estimé mardi à Paris que le nouveau gouvernement serait formé "dans les 24 à 48 heures", malgré les blocages.

Selon l'agence officielle TAP, les discussions achoppent notamment encore sur l'identité des futurs titulaires des ministères régaliens et sur la question de la dissolution de la Ligue pour la protection de la révolution (LPR), présentée par nombre de partis et d'ONG comme une milice brutale pro-islamiste.

Le parti islamiste a cependant cédé sur un point clé en acceptant la semaine dernière que les ministères régaliens soient confiés à des indépendants.

La presse tunisienne s'impatientait dès lors mardi face aux "laborieux" pourparlers.

"Les tractations relatives à la composition de la nouvelle équipe gouvernementale sont pour le moins laborieuses", relevait le journal Le Temps.

"Aussi longues qu'elles puissent être, des négociations doivent aussi savoir se conclure. Passé une certaine limite, le risque est pour elles de céder la place à un jeu qui installe tout le monde dans l'indécision", notait le quotidien La Presse.

La crise politique actuelle a été déclenchée par l'assassinat le 6 février de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd, mais le pays est en réalité paralysé depuis des mois, faute de compromis sur la nouvelle Constitution dont dépendent les futures élections.

alf/cco

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