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Procès à New York d'un policier "cannibale": un fantasme, dit la défense

05/03/2013 05:10 EST | Actualisé 05/05/2013 05:12 EDT

La défense d'un policier new-yorkais accusé de vouloir tuer des femmes pour les manger a affirmé mardi lors du procès que ce genre de fantasme était classique sur certains sites internet mais n'impliquait pas pour autant un passage à l'acte.

Les avocats de Gilberto Valle, qui espèrent l'acquittement pur et simple de leur client, ont fait témoigner par vidéo le créateur russe d'un site fétichiste, souvent fréquenté par le policier de 28 ans.

Sergey Merenkov, 34 ans, a expliqué dans cette vidéo que ce fantasme de torturer et de manger des femmes était fréquent parmi les personnes qui fréquentaient son site.

La première chose que les gens voient en entrant sur le site est un avertissement selon lequel il s'agit d'un site "uniquement de fantasmes, donc jouez de manière prudente", a-t-il dit.

Le site est simplement un endroit où les fétichistes peuvent discuter et jouer un rôle "sans être incompris", a-t-il expliqué en russe, via un interprète.

"Cela ne veut pas dire qu'une personne peut faire son marché de viande, acheter une femme et la dévorer", a-t-il ajouté.

Pressé de questions par l'accusation, Sergey Merenkov a cependant admis qu'il avait parfois supprimé du réseau certains membres quand "cela ne semblait plus (pour eux) un fantasme et aurait pu conduire à quelque chose de mal".

Merenkov a ajouté qu'il comptait 38.000 membres enregistrés --la plupart Européens ou Américains-- et que quelque 4.500 personnes visitaient chaque jour son site.

Valle s'y rendait pour discuter avec d'autres de scénarios particulièrement odieux, sur comment torturer, tuer et manger des femmes, chercher des conseils, échanger des recettes, et y visionner des images en liaison avec ces thèmes.

Les enquêteurs ont remonté tout le passé internet du policier, ses échanges de courriels et messages instantanés, ou encore les photos qu'il avait regardées.

Certaines, diffusées à l'audience lundi devant le jury médusé du tribunal fédéral de Manhattan, montraient des scènes de femmes torturées près d'un feu, voire mortes, mais il pourrait s'agir de montages.

Selon ses avocats, Gilberto Valle avait peut-être des fantasmes "très bizarres", mais il n'est jamais passé à l'acte et n'en avait pas l'intention, même s'il avait établi une liste précise de ses victimes potentielles -- connaissances, voisines et même sa propre femme.

C'est d'ailleurs celle-ci qui l'a dénoncé au FBI, après avoir découvert, épouvantée, ces fichiers sur son ordinateur.

Gilberto Valle avait utilisé des dossiers de la police pour alimenter sa liste, comportant photos et adresses, et avait longuement discuté de scénarios avec des supposés complices, proches new-yorkais ou inconnus croisés sur les sites spécialisés.

Lundi, l'accusation avait terminé ses plaidoiries en soulignant le sérieux de ses intentions. Elle entend le faire condamner pour complot d'enlèvement.

Valle ne témoignera pas, a indiqué mardi une porte-parole du tribunal.

S'il est reconnu coupable par les jurés populaires, il risque la prison à vie.

"Il est évident que M. Valle a eu des conversations horribles", a concédé lundi un de ses avocats, mais "aujourd'hui, ce n'est pas de cela dont il est accusé".

Sa femme avait fui le domicile conjugal peu après la naissance de leur fille. Elle a témoigné à charge au premier jour du procès.

Celui-ci doit se terminer mercredi ou jeudi.

sms/bd/sam

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