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Libye: plus d'une centaine de députés assiégés par des manifestants (élu)

05/03/2013 03:58 EST | Actualisé 05/05/2013 05:12 EDT

Plus d'une centaine de députés libyens étaient bloqués mardi soir dans un bâtiment à Tripoli par des protestataires qui voulaient les obliger à voter une loi sur "le bannissement politique" des anciens collaborateurs du régime déchu, a indiqué à l'AFP un élu.

"Plus d'une centaine de députés sont empêchés par des protestataires depuis la fin de journée de quitter la salle de réunion où ils étaient réunis pour voter un projet de loi sur le bannissement politique", a déclaré Mohamed Bagi.

Selon lui, "les membres du Congrès général national (CGN) ont décidé de reporter le vote ultérieurement pour finaliser les amendements de cette loi. Mais les manifestants exigeaient que la loi soit adoptée aujourd'hui".

"Le CGN est en pourparlers actuellement avec les protestataires (...) pour les convaincre de laisser partir les députés", a-t-il dit.

Selon Radio Zone et la chaîne de télévision Libya al-Ahrar, un député, Jomaa al-Sayeh, a été rattrapé puis agressé par la foule après avoir tenté de fuir les lieux.

L'Assemblée nationale a récupéré mardi ses locaux, gravement endommagés par l'occupation depuis près d'un mois par d'ex-rebelles blessés durant la révolution ayant renversé le régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Mais craignant des débordements, les membres du CGN avaient décidé de se réunir mardi dans les locaux de l'Institut météorologique, dans la banlieue sud de Tripoli, un lieu qui était censé être tenu secret.

Proposé en décembre, le projet de loi sur le bannissement politique vise à exclure de la vie politique les anciens responsables du régime de Kadhafi et leurs collaborateurs.

Il a provoqué des remous au sein de la classe politique eu égard au risque d'exclure plus de 30 membres de l'assemblée et actuels dirigeants du pays dont le président du CGN Mohamed al-Megeryef et le Premier ministre Ali Zeidan, qui étaient, dans les années 1980, des diplomates, avant de faire défection et rentrer dans l'opposition.

Les travaux de l'assemblée ont été perturbés à plusieurs reprises par des manifestants, parfois armés, protestant contre une décision du CGN ou contre le gouvernement. La sécurité des lieux et des députés a été maintes fois discutée, sans qu'une solution n'ait été trouvée.

yba/ila/vl

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