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Les garderies privées craignent la faillite

05/03/2013 03:32 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

Les propriétaires de certaines garderies privées craignent d'être acculés à la faillite par la création des 15 000 nouvelles places en garderie annoncées par le gouvernement Marois.

Ces places seront en majorité imparties aux centres de la petite enfance (CPE). Or, il est impossible pour une garderie privée non subventionnée de se convertir en CPE.

Geneviève Tremblay, propriétaire des Tiloupuces, une garderie privée non subventionnée de Stoneham, dénonce ce qu'elle qualifie de « transfert inévitable de clientèle ». Le dernier rapport du protecteur du citoyen lui donne raison. Elle réclame le droit de se convertir en CPE et de soumissionner sur ces nouvelles places.

Geneviève Tremblay a investi toutes ses économies dans son jardin d'enfants, qui accueille 49 bambins. Elle a pris une seconde hypothèque sur sa maison, fait une demande de prêt à la banque et même emprunté de l'argent à ses beaux-parents. L'annonce de l'ouverture d'un CPE à 7 $ près de son entreprise est tombée comme une bombe.

Chez elle, les parents doivent débourser 35 $ par jour pour la garde d'un enfant.

« C'est ça qui me déprime et me fait mal. Si j'ai un parent qui me dit : "je vais quitter parce que ton menu n'est pas bon", je vais améliorer mon menu. Mais quand j'ai un parent qui me dit qu'il va quitter parce qu'il a une place à 7 $, qu'est-ce que je peux faire moi? Je ne peux même pas me battre », déplore la propriétaire.

Les parents abondent dans le même sens. « C'est certain qu'on y pense, parce que ce n'est pas donné si on compare avec une garderie à 7 $ », note Marie-Lison Otis, cliente de la garderie des Tiloupuces. « Nous autres [avec le crédit d'impôt], la différence entre 12 $ et 7 $ on est prêts à la payer, poursuit Benoît Martin. Il [l'enfant] a ses amis, on ne changerait pas, mais c'est sûr que si ça monte à un écart de plus de 20 $ avec un deuxième qui s'en vient, on y repenserait. »

La ministre de la Famille Nicole Léger n'était pas disponible pour commenter le dossier, mais son cabinet réitère la position du gouvernement.

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