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Le président vénézuélien Hugo Chavez a succombé au cancer

05/03/2013 04:57 EST | Actualisé 05/05/2013 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Le président du Venezuela, Hugo Chavez, est mort mardi, mettant un terme à une présidence socialiste flamboyante qui aura duré 14 ans.

Le vice-président Nicolas Maduro a annoncé que le président, âgé de 58 ans, avait rendu l'âme «après avoir combattu une difficile maladie pendant près de deux ans».

L'annonce de la mort d'Hugo Chavez va probablement forcer la tenue d'une nouvelle élection présidentielle pour le remplacer. Sa maladie l'avait empêché de prêter serment pour le nouveau mandat pour lequel il avait été élu en octobre.

Par ailleurs, Nicolas Maduro sera président intérimaire du Venezuela en remplacement du défunt Hugo Chavez et une élection sera déclenché d'ici 30 jours, a annoncé le ministre des Affaires étrangères du pays.

Elias Jaua a indiqué sur les ondes du réseau Telesur que Maduro sera le candidat du parti socialiste, déjà au pouvoir.

La date précise de l'élection n'a pas encore été déterminée.

Quelques heures avant l'annonce de la mort d'Hugo Chavez, Nicolas Maduro avait déclaré que le Venezuela allait expulser deux diplomates américains soupçonnés d'espionnage.

Le vice-président a affirmé que les autorités n'avaient «aucun doute» sur le fait que le cancer du président, qui a été diagnostiqué en juin 2011, avait été causé par une supercherie des «ennemis historiques de la nation».

Il a comparé la situation à celle de la mort de Yasser Arafat, affirmant que leader palestinien avait été volontairement contaminé par une maladie par ses ennemis.

Le cercle rapproché d'Hugo Chavez affirme depuis longtemps que les États-Unis sont derrière le coup d'État raté de 2002 visant à le renverser et agite souvent la carte anti-américaine pour rallier l'appui de l'opinion publique. Le Venezuela n'a plus d'ambassadeur américain sur son territoire depuis juillet 2010.

Avant de partir à Cuba pour sa dernière opération, en décembre, Hugo Chavez avait désigné Nicolas Maduro comme successeur.

La Constitution vénézuélienne prévoit la tenue d'une nouvelle élection présidentielle si le président meurt, et certains analystes se demandent si l'allégation de M. Maduro voulant que le Venezuela soit attaqué par les États-Unis pourrait être une excuse pour repousser le scrutin et renforcer son emprise sur le pouvoir.

Le gouvernement vénézuélien avait annoncé lundi soir que l'état du président s'était détérioré à la suite d'une nouvelle «infection respiratoire grave», plongeant les Vénézuéliens dans l'incertitude.

«On ne sait pas s'il est mort ou vivant parce qu'il (le gouvernement) manipule le public», avait alors déclaré Antonio Perez, un fonctionnaire à la retraite âgé de 60 ans. «Tout le monde veut voir le président pour savoir si c'est vrai qu'il est toujours avec nous.»

Des partisans du président ont prié pour lui mardi dans une chapelle située près de l'hôpital militaire où le gouvernement affirme qu'il était hospitalisé depuis le 18 février.

Nicolas Maduro a lancé ses allégations sur une tentative de déstabilisation de la «société vénézuélienne» et du «système politique construit dans les dernières années» devant le haut commandement de l'armée et 20 des 23 gouverneurs régionaux fidèles à Hugo Chavez, dont la moitié sont d'ex-officiers militaires.

Il a accusé l'attaché militaire américain en poste à Caracas, le colonel David Delmonaco, d'espionner l'armée vénézuélienne et de tenter d'impliquer des militaires vénézuéliens dans des «projets déstabilisateurs». M. Maduro a sommé l'Américain de quitter le pays d'ici 24 heures, et des responsables américains ont indiqué qu'il avait déjà quitté le Venezuela.

Plus tard mardi, le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua, a annoncé qu'un autre attaché militaire américain avait été expulsé du pays, également pour espionnage.

«Rappelons-nous de la participation active des États-Unis dans le coup fasciste de 2002», a déclaré M. Jaua.

Hugo Chavez n'a pas été vu ni entendu en public depuis qu'il est parti à Cuba en décembre pour subir une quatrième opération pour un cancer de type non précisé dans la région pelvienne.

Selon le gouvernement, il est revenu au Venezuela le 18 février et se trouvait depuis dans un hôpital militaire de Caracas.

Hugo Chavez aura dirigé le Venezuela presque sans partage pendant plus de 14 ans, plaçant graduellement toutes les institutions de l'État sous son contrôle. Mais l'ancien commandant parachutiste, qui est devenu célèbre en lançant un coup d'État raté en 1992, n'a jamais formé un successeur ayant le même charisme et la même personnalité forte que lui.

Le président des États-Unis, Barack Obama, a réaffirmé le soutien de son pays au peuple vénézuélien et sa volonté d'établir une relation constructive avec le gouvernement du Venezuela après la mort d'Hugo Chavez.

«Alors que le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les États-Unis restent engagés envers les politiques qui soutiennent les principes démocratiques, la primauté du droit et le respect des droits de la personne», affirme la déclaration de M. Obama.

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a transmis ses condoléances à la population vénézuélienne et a souhaité que celle-ci puisse «se créer un avenir meilleur et plus prometteur».

L'ancien président américain Jimmy Carter a déclaré que le monde se souviendrait d'Hugo Chavez pour sa défense passionnée «de l'autonomie et de l'indépendance des gouvernements d'Amérique latine».

L'ambassadeur de Russie aux Nations unies, Vitali Touchkine, a qualifié la mort du président vénézuélien de «tragédie». «Il était un grand politicien pour son pays, pour l'Amérique latine et pour le monde», a-t-il dit.

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