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Venezuela: les ennemis du pays accusés d'avoir causé le cancer de Chavez

05/03/2013 11:52 EST | Actualisé 05/05/2013 05:12 EDT

Le vice-président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé mardi les "ennemis" du Venezuela d'avoir provoqué le cancer d'Hugo Chavez, dont l'état inspire de plus en plus d'inquiétudes, et a annoncé l'expulsion d'un attaché militaire de l'ambassade des Etats-Unis.

Au lendemain de l'annonce par le gouvernement de l'aggravation de l'état de santé du président, le successeur désigné d'Hugo Chavez a également reconnu que le Venezuela vivait "ses heures les plus difficiles" depuis la quatrième opération du président, le 11 décembre dernier.

Peu avant la mi-journée, les autorités avaient convoqué une réunion des plus hauts dirigeants politiques et militaires vénézuéliens au palais présidentiel de Miraflores à Caracas. Etaient notamment présents M. Maduro, plusieurs hauts gradés et les 20 gouverneurs d'Etats membres du Parti socialiste au pouvoir.

A l'issue de cette réunion, le vice-président a engagé devant les caméras de la chaîne de télévision officielle la responsabilité des "ennemis" du Venezuela dans le cancer du président diagnostiqué en juin 2011.

"Nous n'avons aucun doute, arrivera un moment dans l'Histoire où nous pourrons créer une commission scientifique (qui révélera) que le commandant Chavez a été attaqué avec cette maladie (...) Les ennemis historiques de cette patrie ont recherché un point faible pour nuire à la santé de notre commandant".

Dans la foulée, il a annoncé l'expulsion - dans les 24 heures - d'un attaché militaire de l'armée de l'air américaine à l'ambassade des Etats-Unis, David Del Monaco, accusé de "rechercher des militaires actifs au Venezuela, d'abord pour se renseigner sur la situation des forces armées et (ensuite) pour leur proposer des projets déstabilisateurs".

Lundi soir, le ministre de la Communication, Ernesto Villegas, avait ravivé l'angoisse des partisans du "comandante" en annonçant "une détérioration de la fonction respiratoire (du président) en relation avec son état immuno-dépressif, propre à son état clinique".

"Actuellement, il présente une nouvelle et grave infection", avait également précisé le ministre.

Devant l'hôpital militaire Carlos Arvelo de Caracas, où Hugo Chavez a été admis le 18 février, des dizaines de partisans se sont joints mardi à des prières pour sa santé, répondant à un appel lancé sur la télévision d'Etat.

"Je suis venue prier après la nouvelle d'hier, qui était choquante. Notre manière (de tenir) est de ne pas perdre la foi, l'espérance", a confié à l'AFP Marta Rodriguez, une femme au foyer de 50 ans. Autour d'elle, certains sanglotaient entre deux incantations.

Le président vénézuélien, 58 ans, était rentré par surprise à Caracas le 18 février et avait été immédiatement admis à l'hôpital militaire de la capitale après avoir été hospitalisé pendant plus de deux mois à La Havane où il a subi en décembre sa quatrième intervention chirurgicale pour un cancer diagnostiqué dans la région pelvienne.

M. Chavez subit "une chimiothérapie très puissante, entre autres traitements complémentaires", a rappelé le ministre de la Communication. "L'évolution de son état clinique continue d'être très délicate", a-t-il ajouté.

"La séquence se présente ainsi : à cause de la chimiothérapie, il subit un déficit immunitaire et a contracté une infection dans ce contexte", a interprété mardi pour l'AFP l'oncologue Carlos Dzik, du prestigieux hôpital syro-libanais de Sao Paulo. "En général, on traite par chimiothérapie lorsque le patient a une chance de répondre à ce traitement", a-t-il ajouté.

Après l'annonce du ministre, une avalanche de déclarations de soutien a envahi les réseaux sociaux, alors que la principale coalition de l'opposition regrettait une nouvelle fois dans un communiqué des informations "manquant de précision", qui "inquiètent et alimentent les rumeurs au lieu de les apaiser".

Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1999 et réélu pour six ans en octobre mais empêché de prêter serment en janvier, doit respirer à l'aide d'une canule, après avoir subi une trachéotomie à la suite de complications respiratoires survenues à l'issue de sa quatrième opération, le 11 décembre à Cuba. Il a des difficultés d'élocution, a indiqué le gouvernement.

Si depuis le dernier rapport médical datant de 11 jours le gouvernement admet que l'évolution de son état de santé "n'a pas été favorable", il affirme toutefois régulièrement que le patient continue de diriger le pays qui recèle les plus importantes réserves de pétrole au monde. Mais il ne parvient pas à étouffer les rumeurs qui courent sur l'état de santé réel de M. Chavez, en l'absence de véritables bulletins médicaux.

Pour le politologue Luis Vicente Leon, l'annonce de l'aggravation de l'état du président doit surtout être observée par le "filtre politique". "La politique décidera de ce qui pourra être dit, et quand cela pourra être dit", a-t-il assuré à l'AFP.

Selon une récente enquête de l'institut Datanalisis, plus de 56% des Vénézuéliens pensent encore que le président se rétablira et reviendra aux commandes, contre 30% qui estiment qu'il ne reviendra pas.

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