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Des frappes de drones aux Etats-Unis en théorie légales, estime un ministre

05/03/2013 06:52 EST | Actualisé 05/05/2013 05:12 EDT

Le président des Etats-Unis pourrait en théorie ordonner des attaques de drones sur le territoire américain dans des circonstances exceptionnelles comparables au 11-Septembre, selon une lettre du ministre de la Justice, Eric Holder, rendue publique mardi par un sénateur.

"Le gouvernement américain n'a pas lancé de frappes par drones aux Etats-Unis et n'a pas l'intention de le faire", a-t-il écrit lundi au républicain Rand Paul, qui l'avait interrogé à ce sujet.

"La question que vous avez posée est entièrement hypothétique, ne se produira très probablement pas, et c'est une question à laquelle j'espère qu'aucun président ne sera confronté. Il est possible, je suppose, d'imaginer une circonstance extraordinaire dans laquelle il serait nécessaire et approprié, dans le respect de la Constitution et du droit américain, que le président autorise l'armée à utiliser la force létale à l'intérieur du territoire des Etats-Unis", poursuit-il.

A titre d'exemples de ces circonstances exceptionnelles, le ministre évoque l'attaque par le Japon des forces américaines basées à Pearl Harbor, en décembre 1941, et les attentats du 11 septembre 2001.

"Le refus du ministre de la Justice d'exclure la possibilité de frappes par drones sur des citoyens américains sur le territoire américain est plus qu'effrayante --c'est un affront aux droits constitutionnels de tous les Américains", a réagi Rand Paul, défenseur passionné des libertés individuelles au Sénat.

Mais d'autres élus ont estimé que le ministre était dans son rôle en laissant de la flexibilité au commandant en chef en cas d'attaques soudaines sur le pays.

"Après les attaques du 11-Septembre, il y a eu un débat sur le fait d'abattre ou non un avion s'il était dirigé contre un grand bâtiment où beaucoup de gens seraient tués", a rappelé Dianne Feinstein, présidente démocrate de la commission du Renseignement du Sénat.

"Si la guerre est déclarée contre les Etats-Unis, (...) il faut une réponse immédiate, et c'est ce que la lettre du ministre de la Justice essaie de dire", a-t-elle dit à des journalistes.

ico/mdm

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