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Trépanier ne sera pas devant la commission avant le 18 mars

04/03/2013 03:34 EST | Actualisé 03/05/2013 05:12 EDT

Un texte de François Messier

L'ex-directeur du financement d'Union Montréal Bernard Trépanier, soupçonné d'être au coeur d'un système de financement occulte du parti, ne sera finalement pas appelé à se présenter devant la commission avant la semaine du 18 mars.

La commission n'a pas précisé encore qui suivra à la barre l'ex-directeur général de la Ville de Montréal, Claude Léger, qui poursuivra lundi son témoignage.

Lundi, l'avocat de Bernard Trépanier avait affirmé à Radio-Canada que son client aurait à s'y présenter dès la semaine prochaine.

Me Daniel Rock a dit que son client n'a pas rencontré les enquêteurs ni les procureurs de la commission Charbonneau et n'a pas l'intention de le faire.

L'avocat de celui qui a longtemps été le grand argentier d'Union Montréal assure néanmoins que son client n'est « pas gêné » de se présenter devant la commission, et ne cherche pas à « l'esquiver ».

Bernard Trépanier est accusé de complot, d'abus de confiance, de fraude et de fraude envers le gouvernement dans le scandale du projet immobilier Faubourg Contrecoeur.

Il devait comparaître en Cour supérieure lundi matin, mais a omis de le faire, à l'instar de huit coaccusés. Il devra se présenter au tribunal le 20 mars.

Me Rock avait profité de son passage à la Cour supérieure pour dénoncer le fait que la citation à comparaître reçue par son client la semaine dernière, en Floride, était valide pour les quatre prochains mois. Il a précisé ultérieurement à Radio-Canada qu'on lui a ensuite demandé plus précisément d'être présent le 11 mars.

Trépanier, acteur-clé d'un système de partage des contrats

Le PDG de Génius, Michel Lalonde, a récemment déclaré à la commission que Bernard Trépanier et lui se sont longtemps réunis pour décider de la répartition des grands contrats d'infrastructures octroyés à des firmes de génie-conseil par la Ville de Montréal.

Selon Michel Lalonde, les firmes privées qui obtenaient un contrat grâce à ce stratagème illégal, implanté au milieu des années 2000, devaient verser une ristourne équivalant à 3 % de la valeur du contrat obtenu à Union Montréal, par l'entremise de Bernard Trépanier.

Ce système, avait précisé l'ingénieur, avait reçu l'aval de l'ex-président du comité exécutif de la Ville Frank Zampino, et fonctionnait grâce à la collaboration de l'ex-directeur de la réalisation des travaux, Robert Marcil.

Du financement électoral avec l'aide d'entrepreneurs

Michel Lalonde a expliqué que ce système de partage des contrats devait permettre de financer la campagne électorale de 2009. Pour celle de 2005, Bernard Trépanier avait plutôt réclamé d'importantes sommes d'argent.

Il aurait par exemple demandé 200 000 $ aux firmes les plus importantes (SNC Lavallin, Dessau, CIMA, Genivar et Tecsult), et 100 000 $ aux firmes de taille moyenne (SM, BPR et Genius). Roche, HBA Teknika, Claulac et Leroux Beaudoin Hurens devaient être sollicités différemment.

Michel Lalonde assure que le fait que l'argentier d'Union Montréal ait quitté ses fonctions officielles à Union Montréal en juin 2006 n'a rien changé à cette façon de faire, qui s'est poursuivie jusqu'en 2009.

Les firmes de génie-conseil, a expliqué le PDG de Génius, pouvaient faire les contributions politiques requises grâce à la complicité des entrepreneurs en construction. Ces derniers versaient en effet aux firmes de génie 25 % des « faux extras » qu'elles leur avaient accordés sur des chantiers.

L'argent utilisé pour ce financement politique illégal provenait donc, en fin de compte, du trésor public.

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