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Syrie: les rebelles prennent la ville de Racca, dans le nord du pays

04/03/2013 07:06 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

BEYROUTH - Les rebelles syriens ont réussi lundi à chasser les troupes gouvernementales de la ville de Racca, dans le nord du pays, et des dizaines de manifestants en liesse ont ensuite déchiqueté une affiche du président Bachar el-Assad et renversé une statue en bronze de son père et prédécesseur.

Les soldats du régime contrôlent encore certains secteurs de la ville, mais Racca pourrait devenir la première ville à tomber entièrement entre les mains des insurgés. Les rebelles contrôlent aussi des quartiers de grandes villes comme Alep, Damas et Homs, en plus de régions rurales, surtout dans le nord du pays.

L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, affirme que les insurgés contrôlent des secteurs importants de Racca, une ville qui se trouve sur les rives du fleuve Euphrate. Un directeur de la police aurait été tué et des officiers du renseignement arrêtés, selon l'organisme.

Des photos mises en ligne lundi par les militants montrent des Syriens arrachant une gigantesque affiche du président Assad et la frappant avec leurs chaussures. Les militants affirment que les photos ont été prises à l'intérieur du quartier général des services de renseignement de l'armée de l'air, à Racca.

Une vidéo amateure montre également des dizaines de gens piétinant une statue renversée de Hafez el-Assad. Ces images correspondent aux informations obtenues par l'Associated Press.

Les rebelles progressaient dans la province de Racca depuis plusieurs semaines et s'étaient récemment emparés du plus important barrage hydroélectrique du pays. Dimanche, des combattants anti-Assad avaient pris d'assaut la prison centrale de Racca.

En début de journée lundi, les rebelles avaient lancé une offensive pour tenter de s'emparer de la base militaire de Mannagh, près de la frontière avec la Turquie, et avaient poursuivi leurs combats autour d'une mosquée historique d'Alep.

En Arabie saoudite, le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saud al-Faisal, ont prévenu le président Assad qu'ils ont l'intention de renforcer leurs appuis aux rebelles s'il ne quitte pas le pouvoir. Le prince Saud a indiqué, lors d'échanges avec M. Kerry, que le peuple syrien «a un droit légitime de se défendre contre l'assaut meurtrier du régime».

Le prince Saud a aussi dénoncé que le régime Assad continue à recevoir des armes de l'extérieur, une référence à peine voilée à l'Iran et à la Russie.

Un quotidien favorable au régime a indiqué lundi qu'au moins 115 policiers ont été tués et 50 autres blessés par les rebelles syriens dans la ville d'Alep, au cours de combats pour le contrôle d'une académie de police de la ville. Le quotidien Al-Watan accuse des terroristes de s'être rendus coupables d'un massacre.

Dimanche, l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, a annoncé que les rebelles se sont emparés de l'académie de Kahn al-Asal à l'aide de chars capturés au régime. L'observatoire affirme que les combats ont coûté la vie à au moins 120 soldats et 80 rebelles.

Le conflit syrien a éclaté en mars 2011. Les Nations unies estiment que quelque 70 000 personnes ont été tuées depuis deux ans.

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