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Quarante-huit soldats syriens tués dans une embuscade en Irak

04/03/2013 03:39 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

Quarante-huit soldats syriens qui s'étaient réfugiés en Irak pendant le week-end et neuf Irakiens ont été tués lundi dans une embuscade tendue par un "groupe terroriste infiltré depuis la Syrie" en territoire irakien, selon le ministère de la Défense à Bagdad.

Cette embuscade dans la province d'Anbar (ouest), 24 heures après qu'une importante composante de l'opposition syrienne a accusé l'Irak d'ingérence en Syrie, risque d'entraîner ce pays dans la guerre civile qui déchire son voisin syrien - ce que Bagdad s'est engagé à ne pas laisser faire.

L'embuscade a été tendue par "un groupe terroriste qui s'est infiltré en territoire irakien depuis la Syrie", a indiqué le ministère dans un communiqué, dénonçant "une attaque contre la souveraineté de l'Irak, son territoire, sa dignité et une violation claire des droits de l'Homme, (les soldats) étant blessés et non armés".

Neuf gardes irakiens escortant les soldats syriens ont également été tués dans l'embuscade, selon la même source.

Bagdad va néanmoins résister aux tentatives de propager le conflit syrien en Irak, a promis lundi le porte-parole du Premier ministre irakien.

"Cela confirme nos craintes sur le fait que certains tentent de propager la crise syrienne en Irak, mais nous ferons face à ces tentatives d'où qu'elles viennent avec toute notre force", a prévenu Ali Moussaoui, porte-parole du chef du gouvernement Nouri al-Maliki.

Les soldats syriens avaient franchi la frontière par le point de passage de Yaaroubiyeh pour fuire de violents combats ayant opposé samedi, du côté syrien de la frontière, l'armée syrienne aux rebelles luttant contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, a indiqué à l'AFP le colonel Mohammed Khalaf al-Dulaimi, des forces de protection de la frontière.

Ils avaient été transférés par les autorités irakiennes de la province de Ninive (nord), frontalière de la Syrie, vers Bagdad, et retournaient vers la frontière dans la province de Anbar (ouest) pour être remis aux autorités syriennes quand l'attaque a eu lieu, a-t-il expliqué.

Leur convoi a été attaqué de deux côtés, par des obus de mortier, des armes automatiques et des mines.

Ce week-end déjà, le ministère irakien de la Défense avait fait état de la mort d'un soldat irakien dans la province de Ninive, tué par des tirs liés aux combats en Syrie, qui avaient également blessé plusieurs personnes, alors que les victimes se trouvaient à 600 mètres de la frontière syrienne, du côté irakien.

Il a également annoncé l'hospitalisation en Irak de quatre soldats syriens blessés dans des combats avec les rebelles près du poste-frontière de Yaaroubiyeh.

La principale composante de l'opposition syrienne a accusé dimanche Bagdad d'avoir élevé son niveau d'"ingérence" en Syrie et "d'attaquer le peuple syrien".

"Après avoir accordé au régime syrien un soutien sur les plans politique et du renseignement, l'ingérence du gouvernement irakien (...) dans les affaires syriennes a atteint un nouveau niveau", a dénoncé le Conseil national syrien.

Bagdad s'est toujours refusé à appeler au départ du président Assad, qui fait face depuis près de deux ans à un soulèvement devenu rébellion armée, se contentant d'appeler à la fin des violences.

Selon l'analyste politique Hamid Fadhel, l'attaque est "un message clair à tous les Irakiens que ce qui se passe en Syrie s'est étendu concrètement à l'Irak".

Les habitants sunnites de la province d'Anbar ont de forts liens tribaux, familiaux et commerciaux avec les habitants de l'est de la Syrie. Cette province frontalière a abrité des fiefs clés de militants sunnites, qui ont également des liens religieux avec les rebelles syriens, principalement sunnites.

Les régions ouest et nord de l'Irak, qui sont proches de la frontière avec la Syrie et sont majoritairement peuplées de sunnites, sont d'une façon ou d'une autre partisans des groupes armés combattant le régime d'Assad", a estimé M. Fadhel.

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