NOUVELLES

Les bureaux de vote ouvrent au Kenya après une nuit marquée par la mort de policiers

04/03/2013 12:46 EST | Actualisé 03/05/2013 05:12 EDT

Après une nuit marquée par la mort par balles de plusieurs policiers à Mombasa (est), les bureaux de votes se sont ouverts lundi au Kenya pour des élections générales sur lesquelles plane l'ombre des terribles violences ayant marqué le précédent scrutin de fin 2007.

Malgré quelques retards, les bureaux de vote, devant lesquels s'étiraient de longues files d'électeurs, ont en général ouvert comme prévu à 06H00 (03H00 GMT) à travers le pays et aucun incident n'a été signalé dans la matinée.

Mais dans la nuit, plusieurs policiers ont été tués par balles à Mombasa, deuxième ville du pays, située sur la côte de l'océan Indien.

"Il y a eu des coups de feu (...), les policiers répondaient à un appel de détresse et sont tombés dans une embuscade", a expliqué un porte-parole de la police, Charles Owino à l'AFP, sans donner de bilan. Une source policière a fait état, sous le couvert de l'anonymat, de cinq policiers tués.

Le chef de la police kényane, David Kimaiyo, a évoqué "des pertes en vie humaines des deux côtés" après un "affrontement avec des gens que nous suspectons être membres du MRC", le Conseil républicain de Mombasa, groupe séparatiste local qui a appelé au boycott du scrutin.

Bien que la justice ait annulé l'an dernier l'interdiction du MRC prononcée en 2010, les autorités le considèrent toujours comme un groupe criminel et ont arrêté la plupart de ses responsables en octobre.

"A part les incidents à Mombasa, tout est calme", a assuré Charles Owino. La police a déployé 99.000 policiers sur l'ensemble du territoire pour assurer la sécurité du scrutin.

Environ 14,3 millions de Kényans doivent élire leur président, députés, sénateurs, gouverneurs (exécutif départemental), membres de l'Assemblée départementale et un quota de femmes à l'Assemblée nationale et doivent déposer six bulletins dans les urnes. La fermeture des bureaux est prévue à 17H00 (14h00 GMT).

A l'école primaire de Kibera, tentaculaire bidonville de Nairobi, les opérations ont commencé avec près d'une heure de retard et la longue file d'électeurs arrivés très tôt, a manifesté bruyamment son impatience, criant et tapant sur les portes, avant que le bureau n'ouvre ses portes.

"Je suis arrivé à 03H45 (01H45 GMT). Je suis venu très tôt parce que je voulais éviter de longues queues", a expliqué Denis Kaene, un chômeur de Kibera âgé de 34 ans, qui "souhaite des élections pacifiques".

Kibera, situé dans la circonscription du Premier ministre Raila Odinga, l'un des favoris du scrutin, avait été l'un des principaux foyers des violences qui ont éclaté à l'issue de la précédente présidentielle, fin 2007.

L'annonce de la défaite de M. Odinga face au président sortant Mwai Kibaki, qui, à 81 ans, ne se représente pas, avait déclenché une violente contestation qui s'était muée en affrontements politico-ethniques sans précédent. Plus d'un millier de personnes avaient été tuées et plus de 600.000 déplacées.

Principal adversaire de M. Odinga, Uhuru Kenyatta est inculpé par la justice internationale pour son rôle présumé dans l'organisation des violences du précédent scrutin, alors qu'il soutenait M. Kibaki.

A Mombasa, de longues files s'étiraient dès avant l'aube et dans les rues de la ville portuaire, les électeurs, dont peu apparemment étaient au courant des événements de la nuit, se dirigeaient en nombre vers les bureaux.

"Je voulais être le premier, mais la file n'avance pas", se plaint Daniel Mbugua, arrivé dès 03H00 mais qui attend au milieu d'une centaine d'autres.

Dans plusieurs circonscriptions de la région du Delta de la rivière Tana, théâtre en 2012 d'affrontements ethniques présumés instrumentalisés en vue des élections locales et qui ont fait une centaine de morts, plusieurs électeurs n'ont pu voter faute de trouver leur nom sur les listes.

A Kisumu, autre fief de M. Odinga, l'absence d'électricité a retardé d'une trentaine de minutes le début du vote dans l'un des principaux bureaux du centre-ville.

"Nous avons dormi ici la nuit dernière, parce que nous voulons du changement", expliquait Susan Morell, 30 ans, soutien de Raila Odinga, "nous voulons le changement, mais nous voulons la paix, nous accepterons le résultat, parce que nous sommes sûrs de gagner.

strs-ayv/bb/tj

PLUS:afp