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Le Pakistan, pays du cricket, veut un championnat de foot plus "glamour"

04/03/2013 06:16 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

Le Pakistan souhaite lancer prochainement un nouveau championnat de football, "plus glamour", pour attirer foules et télévisions et faire enfin briller un sport resté jusqu'ici dans l'ombre du cricket, l'obsession nationale.

Objectif de la Fédération pakistanaise de Football (PFF), avec l'appui de sponsors: créer une nouvelle ligue nationale, réduite à six équipes, dont tous les matches seraient disputés à Lahore, dans l'Est du pays. Une ville plus paisible que la métropole Karachi, la capitale du Baloutchistan Quetta, ou encore Peshawar, grande cité à la porte de l'Afghanistan, toutes régulièrement minées par des attentats.

Depuis neuf ans le Pakistan a bien sa propre ¨Premier League", mais le niveau de jeu y est faible, les infrastructures catastrophiques et les victoires par forfait courantes.

Problème également: les meilleurs clubs sont financés par le gouvernement, laissant peu de chances aux formations privées, et portent des noms aussi peu évocateurs qu'"Autorité du développement des eaux et de l'énergie" ou "Laboratoire de recherche Khan"...

Bref, rien pour attirer les foules, séduire les sponsors et épanouir les joueurs. Les matches ne sont pas retransmis à la télévision et à peine quelques centaines d'irréductibles y assistent, hormis au Baloutchistan (sud-ouest), province phare du foot pakistanais, où des milliers d'adorateurs du ballon rond s'agglutinent les jours de compétition. Quand il y a match...

Car, la saison dernière, les trois clubs baloutches ont chacun gagné quatre fois par forfait, leurs adversaires refusant de se présenter dans une région en proie à une insurrection locale, à des attentats islamistes et à des enlèvements.

"Nous voulons donner une touche de glamour à ce sport au Pakistan", a expliqué à l'AFP Naveed Haider Khan, consultant en marketing pour la PFF, en annonçant que celle-ci va "soutenir financièrement" les clubs, "s'occuper de leur transport et de leur hébergement" et "diffuser les matches à la télévision".

Le nouveau championnat pourrait être lancé en mai ou septembre, a précisé M. Khan, qui souhaite également à terme pouvoir convaincre des joueurs étrangers de fouler les pelouses pakistanaises.

Et si l'Afghanistan, voisin encore plus démuni, a lancé avec succès l'an dernier sa "Premier League", il n'y a pas de raison que le Pakistan ne réussisse pas à revitaliser la formule chez lui.

Personne ne doute, au pays, de la nécessité de réformer le championnat, surtout que la sélection nationale s'est fixé un objectif ambitieux: participer au Mondial-2022, au Qatar. Le Pakistan ne s'est jamais qualifié à une Coupe du monde et occupe actuellement le 170e rang au classement Fifa.

"Tant que le foot pakistanais restera à ce niveau, il lui sera difficile de progresser" sur la scène internationale, admet sans ambages Tariq Lutfi, ancien entraîneur de l'équipe nationale.

D'où l'obligation dès la saison prochaine, pour chaque club de la "Premier League" pakistanaise, de faire figurer au moins deux joueurs de moins de 19 ans sur sa feuille de match, pour faire émerger de jeunes espoirs, a ainsi souligné le secrétaire général du championnat, le colonel à la retraite Ahmed Yar Khan Lodhi.

Selon la PFF, la FIFA va également financer l'ouverture de sept académies de foot dans le pays.

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